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l'avaient
connue
et
devaient
se
rappeler
sa
physionomie.
D'ailleurs
la
mère
de
Jeanne
elle-même
et
ses
deux
frères
Pierre
et
Jean
existaient
encore
et
mieux
que
personne,
ils
avaient
pu
se
rendre
compte.
de
la
ressemblance.
Cette
statue
devait
donc
reproduire
les
traits
exacts
de
la
pauvre
martyre.
Mais
onze
ans
plus
tard,
les
Calvinistes
détruisirent
ce
monument
et
ce
ne
fut
qu'au
bout
de
quatre
années
que
l'on
songea
à
le
refaire.
Le
fondeur
de
cloches,
Hector
Lescot,
dit
Jacquinot,
fut
chargé
de
ce
soin ;
cependant
rien
ne
constate
qu'on
arriva
à
reproduire
avec
autant
de
précision
le
visage
de
la
Pucelle.
Arrivant
à
la
statue
de
Domremy,
les
mêmes
auteurs
s'expriment
ainsi
:
«
La
tradition
du
pays
attribue
le
don
de
cette
statue
au
roi
Louis
XI.
Il
est
évident
que
sur
ce
point
la
tradition
se
trompe.
Les
détails
de
l'armure
et
du
costume
le
prouvent
surabondamment.
Il
est
probable
que
l'erreur
de
la
tradition
consiste
à
avoir
opéré
un
rapprochement
trop
intime
entre
la
statue,
le
nom
royal
et
la
date
1481
qui
figurent
sur
le
tympan
de
la
maison.
Quant
à
nous,
il
nous
semble
que
l'époque
approximative
où
elle
fut
exécutée
est
bien
visiblement
déterminée
par
son
style
et
aussi
par
une
série
de
faits
que
nous
allons
exposer
brièvement.
>>
Les
savants
collaborateurs
racontent
alors
comment,
jusqu'à
la
Révolution,
la
Cathédrale
de
Toul
possédait
une
effigie
de
Jeanne
d'Arc,
qui,
suivant
la
tradition,
était
en
tout
semblable
à
celle
de
Domremy.
Cette
statue
avait
été
érigée
vers
1560
par
Claude
Hordal,
petit
neveu
de
Jeanne
qui
fut
de
1542
à
1579
archidiacre
et
grand-doyen
du
Chapitre
de
Toul.
Or,
comme
à
cette
époque
le
monument
d'Orléans
subsistait
dans
toute
son
intégrité,
il
est
plus
que
certain
que
la
statue
de
Toul
était
une
copie
de
celle
d'Orléans.
La
description
qui
en
a
été
faite
tend
à
le
démontrer;
Jeanne
d'Arc
y
était
«
représentée
à
genoux,
les
mains
jointes
dans
l'attitude
de
la
prière,
le
visage
tourné
vers
le
chœur.
Les
longues
boucles
de
ses
cheveux
descendaient
sur
ses
épaules
et
sur
sa
cuirasse,
son
casque
était
à
ses
côtés
et
son
bras
retenait
le
bâton
d'un
petit
oriflamme,
également
en
pierre,
qui
semblait
flotter
au-dessus
de
sa
tête.
L'armure
était
peinte
en
couleur
de
fer,
le
vêtement
de
dessous
en
rouge,
la
chevelure
en
jaune
d'or ;
la
tête
avait
une
expression
d'une
beauté
saisis-
sante.
(1)
>>
Rapprochant
ensuite
cette
statue
de
Toul
avec
celle
de
Domremy,
MM.
A.
de
Bouteiller
et
G.
de
Braux,
tirent
de
cet
examen
la
conclusion
suivante
:
«
Une
commune
piété
envers
la
Sainte-Vierge
et
envers
Jeanne
d'Arc
était
traditionnelle
dans
la
famille
Hordal.
Les
principaux
de
ses
membres,
pour
la
plupart
dignitaires
ecclésiastiques,
se
signalaient
à
l'envi
par
des
fondations
religieuses.
C'était
à
Claude
Hordal
qu'était
due
la
statue
de
Toul;
son
neveu,
Etienne
Hordal,
comme
lui
grand-doyen
du
Chapitre
de
cette
ville,
voulut
à
son
tour
honorer
la
mémoire
de
sa
glorieuse
parente,
mais
cette
fois
aux
lieux
mêmes
ou
elle
avait
vécu......
«Etienne
Hordal
ne
pouvait
manquer
de
placer,
dans
une
chapelle
due
à
son
religieux
amour
pour
(1) Histoire de Toul, par M. Thierry. Paris 1841.