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Jeanne
d'Arc,
la
statue
de
l'héroïne.
Il
ne
pouvait
non
plus
chercher
pour
la
faire
exécuter
un
autre
modèle
que
celle
de
la
Cathédrale
de
Toul,
à
la
fois
recommandable
à
ses
yeux
par
l'authenticité
provenant
de
son
titre
de
copie
de
celle
d'Orléans
et
par
le
souvenir
de
l'oncle
vénéré,
à
la
dignité
duquel
il
avait
succédé.
Il
chargea
donc
un
artiste
du
pays
d'exécuter
une
réduction
de
la
statue
de
Toul.
La
très
médiocre
dimension
de
la
Chapelle
qu'il
avait
construite
faisait
une
loi
de
cette
diminution
de
grandeur.
Mais
une
modification
bien
regrettable
fut
apportée
par
le
sculpteur
à
son
travail.
Au
lieu
de
reproduire
fidèlement
l'armure,
telle
qu'on
la
portait
sous
Charles
VII,
dont
était
revêtue
Jeanne
d'Arc,
dans
la
statue
de
Toul
comme
dans
celle
d'Orléans,
il
imagina
de
la
moderniser,
soit
pour
mieux
dater.
l'époque
de
son
travail,
soit
par
suite
de
ce
systématique
mépris
des
choses
du
Moyen
Âge
qui
caractérisait
le
XVIIe
siècle......
Le
sculpteur
lorrain
modifia
les
formes
de
l'armure,
allongea
la
cuirasse,
ajouta
un
haut
de
chausses
flottant
retenu
dans
les
cuissards,
une
fraise
à
godrons
épais,
tels
qu'il
en
voyait
porter
aux
grands
personnages
de
son
temps.
>>
C'est
ainsi
que
«
la
statue
commandée
par
Etienne
Hordal,
revêtue
de
sa
couleur,
à
l'imitation
de
celle
qui
lui
avait
servi
de
modèle,
fut
placée
aux
pieds
d'une
image
de
la
Vierge,
dans
la
petite
chapelle
Sainte-Marie......;
mais
cette
chapelle
ne
resta
pas
longtemps
debout.
»>
(1)
Notes
iconographiques
sur
Jeanne
d'Arc.
Paris,
1879
p.
28
et
s.
MM.
A.
de
Bouteiller
et
G.
de
Braux
racontent
ensuite
comment
ce
petit
monument
fut
saccagé
par
des
bandes
de
Croates
qui
envahirent
la
France.
De
1635
à
1640;
comment
la
statue
de
la
Pucelle
fut
mutilée ;
comment
le
nez
et
la
joue
furent
endommagés;
les
mains,
un
des
bras
détruits ;
les
deux
jambes
inégalement
brisées,
la
droite
jusqu'en
son
milieu
et,
la
gauche
jusqu'au
genou.
Ceci
dit,
à
quel
moment
eût-on
l'idée
de
placer
sur
la
façade
de
la
maison
de
la
maison
ce
qui
restait
de
cette
statue ?
On
ne
saurait
autrement
le
préciser ;
cependant,
il
est
certain
que
ce
fut
avant
1756
puisque,
à
cette
dernière
époque,
Dom
Calmet
en
parle
dans
sa
Notice
de
la
Lorraine,
en
ces
termes
:
«
On
voit
encore
à
Domremi
la
maison
de
Jeanne
d'Arc,
sur
la
porte
de
laquelle
sont
ses
armes
et
sa
figure,
et
sur
le
ban
du
village,
les
vestiges
de
la
Chapelle
où
elle
allait
faire
sa
prière.
»
L'acte
de
vente
de
la
maison
Gérardin,
la
mentionne
également
en
1818,
comme
on
le
verra
plus
loin,
et
c'est
à
cette
même
époque
que
M.
Jollois
en
a
fait
une
description
détaillée
en
ajoutant
:
«
Elle
sera
restaurée.
et
placée
sur
un
piédestal,
dans
la
chambre
même.
de
Jeanne
d'Arc.
»
Ces
détails
établissent
donc
d'une
façon
irrécusable
que
la
statue
de
pierre
qui
se
trouve
actuellement
dans
la
chambre
de
famille
de
la
Pucelle
est
bien
celle
qui
avait
été
placée
originairement
dans
la
Chapelle
Sainte-Marie
et
qui
plus
tard
orna
la
façade
de
la
maison
Gérardin.
(1)
M.
Pierson
sculpteur
à
Vaucouleurs
a
fait,
de
cette
statue
plusieurs
réductions
qui
constituent
un
charmant
souvenir
de
la
visite
à
Domremy.