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Maison de Jeanne 24 (L)

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24 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

l'avaient connue et devaient se rappeler sa physionomie. D'ailleurs la mère de Jeanne elle-même et ses deux frères Pierre et Jean existaient encore et mieux que personne, ils avaient pu se rendre compte. de la ressemblance. Cette statue devait donc reproduire les traits exacts de la pauvre martyre. Mais onze ans plus tard, les Calvinistes détruisirent ce monument et ce ne fut qu'au bout de quatre années que l'on songea à le refaire. Le fondeur de cloches, Hector Lescot, dit Jacquinot, fut chargé de ce soin ; cependant rien ne constate qu'on arriva à reproduire avec autant de précision le visage de la Pucelle.
Arrivant à la statue de Domremy, les mêmes auteurs s'expriment ainsi :
« La tradition du pays attribue le don de cette statue au roi Louis XI. Il est évident que sur ce point la tradition se trompe. Les détails de l'armure et du costume le prouvent surabondamment. Il est probable que l'erreur de la tradition consiste à avoir opéré un rapprochement trop intime entre la statue, le nom royal et la date 1481 qui figurent sur le tympan de la maison. Quant à nous, il nous semble que l'époque approximative où elle fut exécutée est bien visiblement déterminée par son style et aussi par une série de faits que nous allons exposer brièvement. >>
Les savants collaborateurs racontent alors comment, jusqu'à la Révolution, la Cathédrale de Toul possédait une effigie de Jeanne d'Arc, qui, suivant la tradition, était en tout semblable à celle de Domremy. Cette statue avait été érigée vers 1560 par Claude Hordal, petit neveu de Jeanne qui fut de 1542 à 1579 archidiacre et grand-doyen du Chapitre de Toul. Or,

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comme à cette époque le monument d'Orléans subsistait dans toute son intégrité, il est plus que certain que la statue de Toul était une copie de celle d'Orléans.
La description qui en a été faite tend à le démontrer; Jeanne d'Arc y était « représentée à genoux, les mains jointes dans l'attitude de la prière, le visage tourné vers le chœur. Les longues boucles de ses cheveux descendaient sur ses épaules et sur sa cuirasse, son casque était à ses côtés et son bras retenait le bâton d'un petit oriflamme, également en pierre, qui semblait flotter au-dessus de sa tête. L'armure était peinte en couleur de fer, le vêtement de dessous en rouge, la chevelure en jaune d'or ; la tête avait une expression d'une beauté saisis- sante. (1) >>
Rapprochant ensuite cette statue de Toul avec celle de Domremy, MM. A. de Bouteiller et G. de Braux, tirent de cet examen la conclusion suivante : « Une commune piété envers la Sainte-Vierge et envers Jeanne d'Arc était traditionnelle dans la famille Hordal. Les principaux de ses membres, pour la plupart dignitaires ecclésiastiques, se signalaient à l'envi par des fondations religieuses. C'était à Claude Hordal qu'était due la statue de Toul; son neveu, Etienne Hordal, comme lui grand-doyen du Chapitre de cette ville, voulut à son tour honorer la mémoire de sa glorieuse parente, mais cette fois aux lieux mêmes ou elle avait vécu......
«Etienne Hordal ne pouvait manquer de placer, dans une chapelle due à son religieux amour pour

(1) Histoire de Toul, par M. Thierry. Paris 1841.


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