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j'ai
ressenti
alors
le
désir
de
revoir
une
seconde
fois
ce
pays
si
plein
de
touchants
souvenirs.
L'occasion
ne
tarda
pas
à
se
présenter.
Ici
je
laisse
la
parole
à
M.
le
Comte
de
Marsy,
Secrétaire
de
la
Société
historique
de
Compiègne
qui
a
bien
voulu
en
cette
circonstance,
comme
en
tant
d'autres,
mettre
à
mon
profit
sa
vaste
érudition
en
toutes
choses,
et
surtout
en
archéologie
(1).
Voici
en
quels
termes,
il
a
rendu
compte
de
l'excursion
faite
par
la
Société
historique
de
Compiègne
à
Domremy,
du
23
au
27
juillet
1885,
excursion
à
laquelle
je
me
suis
empressé
de
prendre
part
(2).
«
L'an
dernier,
à
la
suite
d'une
courte
visite
à
Domremy,
notre
confrère,
M.
le
Président
Sorel
nous
avait
retracé,
avec
l'érudition
et
le
charme
qui
s'unissent
dans
ses
travaux,
les
souvenirs
qu'avait
réveillés
en
lui
une
matinée
passée
dans
le
village
où
était
paroles
de
cette
sorte
:
Dieu
laissera-t-il
mourir
si
mauvaisement
ces
bonnes
gens
de
Compiègne
?
»
Elle
répliqua
:
«
Je
n'ai
pas
dit
ces
mots
si
mauvaisement.
La
vérité
est
que
je
parlais
à
mes
saintes
en
cette
manière
:
Comment
Dieu
laissera-t-il
mourir
ces
bonnes
gens
de
Compiègne,
qui
ont
été
et
sont
si
loyaux
à
leur
seigneur.
»
V.
dans
le
Blason
de
la
Révolution
(Paris
1883,
Lemerre),
un
intéressant
article
de
M.
Jules
Troubat,
bibliothécaire
du
Palais
'de
Compiègne,
sur
le
séjour
de
Jeanne
d'Arc
dans
cette
ville
et
sur
la
statue
qui
y
a
été
érigée
en
son
honneur,
le
10
octobre
1880.
Indépendamment
de
cette
statue,
placée
en
face
de
l'Hôtel
de
Ville,
il
serait
à
désirer
qu'un
petit
monument
commémoratif
fût
élevé
à
l'endroit
même
où
la
Pucelle
tomba
aux
mains
de
ses
ennemis.
On
ne
saurait
trop
perpétuer
le
souvenir
de
celle
dont
le
nom
seul
doit
entretenir
dans
les
cœurs
l'idée
de
dévouement
à
la
patrie.
(1)
M.
le
comte
de
Marsy
est
actuellement
Directeur
de
la
Société
française
d'Archéologie,
fondée
par
M.
de
Caumont
en
1832.
(2)
V.
l'Echo
de
l'Oise
des
31
juillet
et
14
août
1885,
et
le
Progrès
de
l'Oise
des
1er
et
12
août
de
la
même
année.
née
l'héroïne
inspirée,
qui
devait
accomplir
devant
Compiègne
ses
derniers
exploits,
et
quitter
nos
remparts
pour
commencer
ce
long
martyre
dont
le
bûcher
de
Rouen
devait
être
le
terme.
Formulée
d'abord
avec
quelque
réserve,
l'idée
d'une
excursion
de
la
Société
historique
de
Compiègne
ne
tarda
pas
à
être
accueillie
avec
faveur,
et,
après
un
ajournement
motivé
par
l'extension
du
programme,
nous
nous
trouvions
réunis
à
la
gare
du
chemin
de
fer,
à
l'aube,
le
jeudi
23
juillet,
pour
exécuter
notre
voyage
d'une
durée
de
cinq
jours
et
qui
comprenait
comme
étapes
:
Châlons,
Neufchâteau,
Domremy,
Chaumont,
Langres,
Troyes
et
Reims,
localités
où
nous
devions
retrouver
presque
partout
des
souvenirs
de
Jeanne
d'Arc.
.
.
«
Après
une
courte
station
pour
dîner
à
Pagny-sur-
Meuse
ou
nous
retrouvons,
un
de
nos
correspondants
de
Nancy,
M.
Léon
Germain
qui
veut
bien
se
joindre
à
nous,
nous
arrivons
à
Neufchâteau.
«
L'Hôtel
de
la
Providence
à
Neufchâteau
va
nous
abriter
pour
deux
nuits ;
chacun
s'installe
et
fait
déjà
des
projets
pour
le
lendemain,
en
voyant
en
face
de
nos
fenêtres
les
deux
véhicules
qui
doivent
nous
transporter.
<<
Avant
sept
heures,
tout
le
monde
est
prêt,
et
nous
suivons,
dans
la
vallée
de
la
Meuse,
la
route
pittoresque
qui
nous
conduit
d'abord
à
Coussey,
petit
chef-lieu
de
canton,
qui
a
tenu
à
témoigner
lui
aussi
de
son
culte
pour
Jeanne
d'Arc,
en
érigeant
sur
une
de
ses
places
une
reproduction
de
la
statue
de
la
princesse
Marie.
«
L'église
est
un
monument
roman
d'un
assez
grand
intérêt,
et
dans
lequel
on
remarque
des
matériaux
d'époque
plus
ancienne.
À
l'intérieur,
nous
devons
si-