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Maison de Jeanne 96 (L)

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96 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

j'ai ressenti alors le désir de revoir une seconde fois ce pays si plein de touchants souvenirs.
L'occasion ne tarda pas à se présenter.
Ici je laisse la parole à M. le Comte de Marsy, Secrétaire de la Société historique de Compiègne qui a bien voulu en cette circonstance, comme en tant d'autres, mettre à mon profit sa vaste érudition en toutes choses, et surtout en archéologie (1).
Voici en quels termes, il a rendu compte de l'excursion faite par la Société historique de Compiègne à Domremy, du 23 au 27 juillet 1885, excursion à laquelle je me suis empressé de prendre part (2).
« L'an dernier, à la suite d'une courte visite à Domremy, notre confrère, M. le Président Sorel nous avait retracé, avec l'érudition et le charme qui s'unissent dans ses travaux, les souvenirs qu'avait réveillés en lui une matinée passée dans le village où était
paroles de cette sorte : Dieu laissera-t-il mourir si mauvaisement ces bonnes gens de Compiègne ? » Elle répliqua : « Je n'ai pas dit ces mots si mauvaisement. La vérité est que je parlais à mes saintes en cette manière : Comment Dieu laissera-t-il mourir ces bonnes gens de Compiègne, qui ont été et sont si loyaux à leur seigneur. »
V. dans le Blason de la Révolution (Paris 1883, Lemerre), un intéressant article de M. Jules Troubat, bibliothécaire du Palais 'de Compiègne, sur le séjour de Jeanne d'Arc dans cette ville et sur la statue qui y a été érigée en son honneur, le 10 octobre 1880. Indépendamment de cette statue, placée en face de l'Hôtel de Ville, il serait à désirer qu'un petit monument commémoratif fût élevé à l'endroit même où la Pucelle tomba aux mains de ses ennemis. On ne saurait trop perpétuer le souvenir de celle dont le nom seul doit entretenir dans les cœurs l'idée de dévouement à la patrie.
(1) M. le comte de Marsy est actuellement Directeur de la Société française d'Archéologie, fondée par M. de Caumont en 1832.
(2) V. l'Echo de l'Oise des 31 juillet et 14 août 1885, et le Progrès de l'Oise des 1er et 12 août de la même année.


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née l'héroïne inspirée, qui devait accomplir devant Compiègne ses derniers exploits, et quitter nos remparts pour commencer ce long martyre dont le bûcher de Rouen devait être le terme.
Formulée d'abord avec quelque réserve, l'idée d'une excursion de la Société historique de Compiègne ne tarda pas à être accueillie avec faveur, et, après un ajournement motivé par l'extension du programme, nous nous trouvions réunis à la gare du chemin de fer, à l'aube, le jeudi 23 juillet, pour exécuter notre voyage d'une durée de cinq jours et qui comprenait comme étapes : Châlons, Neufchâteau, Domremy, Chaumont, Langres, Troyes et Reims, localités où nous devions retrouver presque partout des souvenirs de Jeanne d'Arc.
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« Après une courte station pour dîner à Pagny-sur- Meuse ou nous retrouvons, un de nos correspondants de Nancy, M. Léon Germain qui veut bien se joindre à nous, nous arrivons à Neufchâteau.
« L'Hôtel de la Providence à Neufchâteau va nous abriter pour deux nuits ; chacun s'installe et fait déjà des projets pour le lendemain, en voyant en face de nos fenêtres les deux véhicules qui doivent nous transporter.
<< Avant sept heures, tout le monde est prêt, et nous suivons, dans la vallée de la Meuse, la route pittoresque qui nous conduit d'abord à Coussey, petit chef-lieu de canton, qui a tenu à témoigner lui aussi de son culte pour Jeanne d'Arc, en érigeant sur une de ses places une reproduction de la statue de la princesse Marie.
« L'église est un monument roman d'un assez grand intérêt, et dans lequel on remarque des matériaux d'époque plus ancienne. À l'intérieur, nous devons si-


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