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Maison de Jeanne 92 (L)

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92 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

son oreille lui donne le signal de ses prières, etc. « Et l'on remarque que cette inscription ainsi rétablie forme un vers composée de spondées et de dactyles, comme on peut le voir en le scandant. >> J'ai peine à admettre cette nouvelle interprétation, à cause surtout du mot Dea, d'essence tout à fait païenne, ainsi que le reconnait du reste l'auteur lui-même, essence que l'épithète piam ne saurait suffisamment corriger.
Enfin, faut-il voir dans les dernières lettres de l'inscription les mots de Bermont et lire : « Ave Maria de Bermongt » en tenant compte de lettres omises ou mal placées ? Je ne puis l'admettre davantage.
Dans cette situation, j'ai fait moi-même appel aux lecteurs de l'Intermédiaire des chercheurs et curieux, et dans la livraison du 10 avril 1886, je leur ai soumis le texte de l'inscription et l'interprétation fournie par M. Renault, de Vaucouleurs, en sollicitant d'eux le véritable mot de l'énigme. Une seule réponse, signée Herbert Lescrivain, a été insérée dans la livraison du 10 mai. Elle est ainsi conçue : « Je crois qu'il ne faut pas chercher une légende aussi compliquée que celle que propose M. Renault pour la cloche de Bermont. On sait que les fondeurs étaient souvent fort illettrés et ne se gênaient pas pour déplacer ou supprimer des lettres. J'y verrais tout simplement une inscription pieuse commençant par Ave Maria et se terminant par deux autres mots formant un des qualificatifs ordinaires de la Vierge, Regina Angelorum, par exemple. >>
Il est possible, en effet, que les trois dernières lettres puissent signifier Angelorum, en convertissant

LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY 93

le t final en un I barré, ce qui donne angl, abréviation d'Angelorum.
C'est le sentiment de plusieurs archéologues que j'ai consultés à cet égard. Mais, quant à la teneur entière de l'inscription, Adhuc sub judice lis est. Toutefois, s'il m'était permis de hasarder, à mon tour, une interprétation nouvelle, je serais disposé, tout en tenant compte de l'interversion et des erreurs de lettres, à proposer celle-ci : Ave Maria, Dei alma genitrix, interprétation qu'adopte également Mgr Lecot.
En attendant que la lumière se fasse sur ce point si nébuleux, revenons à la Chapelle de Bermont.
Une fois que sa réédification fut terminée, M. Sainsère aîné, à la mémoire duquel on ne saurait trop rendre hommage, vint occuper la paisible habitation qu'il s'était fait construire à côté du sanctuaire, pour lequel il avait une si touchante vénération. C'est là qu'il mourut en 1848, et selon ses dernières volontés, il fut enterré au chevet même de la Chapelle. Sur sa tombe, on lit :
DOM
Ci-git Claude-Jean-Baptiste Sainsère né à Vaucouleurs le 2 juillet 1771, décédé le 12 novembre 1848. Il est le restaurateur de cette Chapelle qui, suivant la tradition confirmée par l'histoire, est bien véritablement celle dans laquelle Jeanne d'Arc reçut les inspirations qui la portèrent à se dévouer au service de son pays. Respectez cette Chapelle en mémoire de l'héroïne qui arracha la France des mains des Anglais et la cendre que couvre cette tombe.


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