logo

icone-photo Maison de Jeanne 88icone-photo

Maison de Jeanne 88 (L)

Klicken Sie auf das Bild, um es im Vollbildmodus anzuzeigen.

88 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

M. le docteur de Haldat, à qui M. Sainsère aîné avait écrit au sujet de la cloche de Bermont, lui répondait le 2 mars 1836 : « Nous avons essayé de déchiffrer l'inscription ; ce sont des lettres de forme du dernier gothique... Le premier assemblage de lettres est sans doute AVE MARIA, je vous salue, Marie, estropié par un ouvrier qui ne savait pas lire et qui a mal placé ses caractères sur le noyau de la cloche. Quant au reste, cela n'a aucun sens dans aucune langue, l'ouvrier ignorant, comme cela était si commun alors, a- t-il placé au hasard les caractères qui lui restaient ? On ne sait que penser.
Un autre archéologue, à qui M. Sainsère s'était également adressé, M. Denis, de Commercy, lui écrivait : « Les caractères gothiques du XIVe et du xv siècle qui ont servi à cette inscription sont difficiles à déchiffrer parce que la forme des lettres n'était pas bien déterminée alors; il s'y trouve aussi beaucoup d'abréviations. Cette inscription de la cloche de Notre- Dame-de-Bermont est le commencement de l'AVE MARIA ou je me trompe fort. Lisez : Ave maria grâa pln dm t. +:
Ave Maria gratia plena, dominus tecum. »
Cette légende se trouvait, en effet, sur une foule de cloches à cette époque, mais faut-il la voir sur celle de Bermont, cela me paraît bien risqué.
Une troisième personne, consultée à son tour par M. Sainsère, proposa une solution qui ne le cède en rien comme ingéniosité, à celle de M. Renault. Voici comment il l'a formulée :
« La cloche de Bermont n'indique aucun millésime qui puisse faire connaître l'époque à laquelle elle a

LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY 89

été fondue, mais les caractères gothiques qui forment l'inscription font voir qu'elle appartient au XIVᵉ siècle.
« En effet dans ce temps on se servait de ces lettres gothiques dans l'écriture cursive et quelque temps après elles ont été adoptées dans l'impression ; elles l'ont été presque exclusivement vers l'an 1500 ; les premières impressions qui ont eu lieu en Lorraine ont été exécutées à Saint-Nicolas, près de Nancy ; il résulte de plusieurs titres que j'ai vus et notamment d'ordonnances des ducs de Lorraine sur le fait des monnaies datées de 1511 et imprimées au dit St-Nicolas que les lettres de ces titres ont une analogie complète avec celles de la cloche en question ; au surplus ce genre de lettres est encore usité aujourd'hui en Allemagne pour les Capitales des mots.
« Il faut d'abord remarquer que les lettres de cette cloche paraissent avoir été isolées et rapportées les unes auprès des autres pour composer l'inscription au moyen de leur application sur le moule.
<< Ceci posé et en lisant l'inscription, on voit qu'elle est composée de mots latins ; seulement les dernières lettres qui formulaient les deux derniers mots à gauche de la Croix de Lorraine paraîtraient être françaises, car on semble y lire « de Bermont. » Mais pour cela, il faudrait lire quelques lettres à rebours et supposer qu'elles ont été placées ainsi dans le moule, ce qui n'est même pas supposable.
« D'un autre côté, il est fort possible qu'en appliquant les lettres sur le moule, quelques-unes d'entre elles aient été interverties.
« Voici ce que l'inscription donne de plus plausible: Aurem piam, Dea armonat.


⬆︎ ⬇︎

Kontakt Erwähnungen Website erstellt im Jahr 2018 Aide