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M.
le
docteur
de
Haldat,
à
qui
M.
Sainsère
aîné
avait
écrit
au
sujet
de
la
cloche
de
Bermont,
lui
répondait
le
2
mars
1836
:
«
Nous
avons
essayé
de
déchiffrer
l'inscription ;
ce
sont
des
lettres
de
forme
du
dernier
gothique...
Le
premier
assemblage
de
lettres
est
sans
doute
AVE
MARIA,
je
vous
salue,
Marie,
estropié
par
un
ouvrier
qui
ne
savait
pas
lire
et
qui
a
mal
placé
ses
caractères
sur
le
noyau
de
la
cloche.
Quant
au
reste,
cela
n'a
aucun
sens
dans
aucune
langue,
l'ouvrier
ignorant,
comme
cela
était
si
commun
alors,
a-
t-il
placé
au
hasard
les
caractères
qui
lui
restaient ?
On
ne
sait
que
penser.
Un
autre
archéologue,
à
qui
M.
Sainsère
s'était
également
adressé,
M.
Denis,
de
Commercy,
lui
écrivait
:
«
Les
caractères
gothiques
du
XIVe
et
du
xv
siècle
qui
ont
servi
à
cette
inscription
sont
difficiles
à
déchiffrer
parce
que
la
forme
des
lettres
n'était
pas
bien
déterminée
alors;
il
s'y
trouve
aussi
beaucoup
d'abréviations.
Cette
inscription
de
la
cloche
de
Notre-
Dame-de-Bermont
est
le
commencement
de
l'AVE
MARIA
ou
je
me
trompe
fort.
Lisez
:
Ave
maria
grâa
pln
dm
t.
+:
Ave
Maria
gratia
plena,
dominus
tecum.
»
Cette
légende
se
trouvait,
en
effet,
sur
une
foule
de
cloches
à
cette
époque,
mais
faut-il
la
voir
sur
celle
de
Bermont,
cela
me
paraît
bien
risqué.
Une
troisième
personne,
consultée
à
son
tour
par
M.
Sainsère,
proposa
une
solution
qui
ne
le
cède
en
rien
comme
ingéniosité,
à
celle
de
M.
Renault.
Voici
comment
il
l'a
formulée
:
«
La
cloche
de
Bermont
n'indique
aucun
millésime
qui
puisse
faire
connaître
l'époque
à
laquelle
elle
a
été
fondue,
mais
les
caractères
gothiques
qui
forment
l'inscription
font
voir
qu'elle
appartient
au
XIVᵉ
siècle.
«
En
effet
dans
ce
temps
on
se
servait
de
ces
lettres
gothiques
dans
l'écriture
cursive
et
quelque
temps
après
elles
ont
été
adoptées
dans
l'impression ;
elles
l'ont
été
presque
exclusivement
vers
l'an
1500 ;
les
premières
impressions
qui
ont
eu
lieu
en
Lorraine
ont
été
exécutées
à
Saint-Nicolas,
près
de
Nancy ;
il
résulte
de
plusieurs
titres
que
j'ai
vus
et
notamment
d'ordonnances
des
ducs
de
Lorraine
sur
le
fait
des
monnaies
datées
de
1511
et
imprimées
au
dit
St-Nicolas
que
les
lettres
de
ces
titres
ont
une
analogie
complète
avec
celles
de
la
cloche
en
question ;
au
surplus
ce
genre
de
lettres
est
encore
usité
aujourd'hui
en
Allemagne
pour
les
Capitales
des
mots.
«
Il
faut
d'abord
remarquer
que
les
lettres
de
cette
cloche
paraissent
avoir
été
isolées
et
rapportées
les
unes
auprès
des
autres
pour
composer
l'inscription
au
moyen
de
leur
application
sur
le
moule.
<<
Ceci
posé
et
en
lisant
l'inscription,
on
voit
qu'elle
est
composée
de
mots
latins ;
seulement
les
dernières
lettres
qui
formulaient
les
deux
derniers
mots
à
gauche
de
la
Croix
de
Lorraine
paraîtraient
être
françaises,
car
on
semble
y
lire
«
de
Bermont.
»
Mais
pour
cela,
il
faudrait
lire
quelques
lettres
à
rebours
et
supposer
qu'elles
ont
été
placées
ainsi
dans
le
moule,
ce
qui
n'est
même
pas
supposable.
«
D'un
autre
côté,
il
est
fort
possible
qu'en
appliquant
les
lettres
sur
le
moule,
quelques-unes
d'entre
elles
aient
été
interverties.
«
Voici
ce
que
l'inscription
donne
de
plus
plausible:
Aurem
piam,
Dea
armonat.