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par
deux
croix
qui
n'existent
pas,
et
de
la
ponctuer
de
dix-huit
points
dont
il
n'y
a
pas
trace
sur
le
bronze,
ce
qui
fait
de
chacune
des
lettres
autant
d'initiales
propres
à
exprimer
les
choses
les
plus
contraires.
Plus
ingénieux,
ou
plus
hardis
encore
dans
l'interprétation
que
dans
la
lecture
des
caractères,
ils
en
ont
fait
une
louange
en
l'honneur
de
Jeanne
d'Arc
dont
l'époque
est
postérieure
de
plus
d'un
siècle
à
l'âge
de
la
cloche.
Nous
laissons
donc
aux
savants
de
l'avenir
le
soin
d'expliquer
cette
inscription,
à
ceux,
disons-le,
qui
voudront
bien
l'examiner
de
leurs
yeux,
sans
préoccupations
étrangères,
et
surtout
sans
idées
préconçues
(1).
M.
Léon
Germain,
qui
s'est
livré
à
de
nombreuses
recherches
sur
les
anciennes
cloches
lorraines,
partage
cette
opinion:
«
Vu
ses
caractères
minuscules
gothiques,
dit-il,
nous
placerons
vers
le
xv
siècle,
bien
que
quelques-uns
la
jugent
plus
ancienne,
la
cloche
de
la
Chapelle
de
Bermont,
où
aimait
à
prier
Jeanne
d'Arc...
«
Comme
l'épigraphie
campanaire
n'a
guère
em-
ployé
la
minuscule
avant
le
XVe
siècle,
nous
ne
pensons
pas
que
cette
cloche
soit
antérieure
à
Jeanne
d'Arc ;
cependant
il
serait
absurde
de
prendre
chacune
des
lettres
pour
l'initiale
d'un
mot,
et
surtout
d'y
chercher
l'éloge
d'une
héroïne,
assurément
sainte,
mais
qui
n'a
pas
encore
été
proclamée
telle
par
l'Eglise;
nos
pieux
ancêtres
ne
se
seraient
pas
permis
une
inconvenance
de
ce
genre.
Les
fondeurs
de
cloches
n'avaient
parfois
qu'une
très
sommaire
instruction
littéraire ;
soit
par
maladresse,
soit
par
ignorance,
il
(1) Guide et souvenirs du Pèlerin à Domremy, p. 66.
arrivait
souvent
qu'on
disposait
mal
les
moules
des
caractères
de
l'inscription ;
il
a
dû
en
être
ainsi
pour
la
cloche
de
Bermont;
le
commencement
ne
laisse
toutefois
aucun
doute
:
c'est
par
l'Ave
Maria
que
débutait
la
légende
(1).
»
L'idée
émise
par
M.
Léon
Germain
à
propos
de
l'époque
où
la
cloche
de
Bermont
aurait
été
fondue
se
trouve
confirmée
par
le
passage
suivant
de
la
Notice
sur
les
Cloches
par
M.
l'abbé
Barraud:
«
En
considérant
les
inscriptions
du
XIᵉ
et
du
XIVᵉ
siècle,
on
est
porté
à
croire
qu'elles
ont
été
appliquées
à
l'aide
de
moules
faits
exprès
pour
chaque
cloche,
mais
il
est
incontestable
qu'à
partir
du
milieu
du
XVᵉ
siècle,
on
a
généralement
formé
ces
moules
au
moyen
de
lettres
mobiles,
en
bois
ou
en
métal,
réunies
de
manière
à
composer
des
mots.
»
(2).
Et
en
note,
le
savant
écrivain
ajoute
:
«
On
ne
se
sera
sans
doute
servi
de
lettres
mobiles
ou
isolées
pour
les
inscriptions
des
cloches
qu'après
l'invention
de
l'imprimerie ;
on
sait
qu'on
attribue
généralement
l'idée
de
faire
des
caractères
mobiles
en
bois
à
Laurent
Janszoon
Coster
d'Harlem
vers
l'an
1437.
»
(3).
(1)
Anciennes
cloches
lorraines.
Loc.
cit.
V.
aussi
une
brochure
intéressante
du
même
auteur,
intitulée
:
Notes
sur
l'Ave
Maria
en
Lorraine.
Extrait
de
la
Revue
de
l'Art
chrétien,
t.
IV,
1ro
liv.,
1886.
A
raison
des
travaux
archéologiques
auxquels
il
se
livre,
M.
Léon
Germain
a
été
proclamé
Officier
d'Académie
par
M.
le
Mi-
nistre
de
l'Instruction
publique
le
1er
mai
dernier,
lors
de
la
réunion
des
Sociétés
savantes
à
la
Sorbonne.
(2)
Bulletin
monumental
1844,
t.
10,
p.
118.
(3)
Coster
(Laurent),
né
à
Harlem
vers
1370
et
mort
vers
1440,
serait,
suivant
les
Hollandais,
l'inventeur
de
l'imprimerie.
M.
Auguste
Bernard,
ancien
imprimeur
et
archéologue
distingué,
a
combattu
cette
assertion
dans
son
ouvrage
:
De
l'origine
et
des
débuts
de
l'imprimerie
en
Europe,
tout
en
reconnaissant
que
Coster
s'est
livré
à
des
tentatives
typographiques.