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Maison de Jeanne 84 (L)

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84 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

actuelles. Voici l'ordre dans lequel elles sont groupées :
avempeiadeaapmangt (1)
« Cette curieuse inscription signalée par M. Sainsère a déjà exercé l'attention et la perspicacité d'un grand nombre de savants. Elle a été soumise notamment à la Société académique de Nancy. Cependant tous les efforts étaient restés inutiles lorsqu'un numismate distingué, M. Renault, notaire à Vaucouleurs, en a donné une interprétation des plus ingénieuses. >>
M. Renault a divisé l'inscription en trois groupes dont chaque lettre doit être pointée. Le premier groupe, composé des lettres a.v.e.m.p.e.i.a. signifierait ainsi : « Ad virginem ex manibus populi extrahentem impe- rium Anglicani: »
Le second : d.e.a.a.p.m.: dedicatum est apud agrum post mortem:
Le troisième : a.n.g.t.: ad nominis gloriam tintin-
nabulum.
Traduction libre : « Cette petite cloche a été dédiée, dans ce lieu, après sa mort et pour la gloire de son nom, à la Vierge qui a arraché le royaume des mains du peuple anglais. »
Cette interprétation fut, dit-on, l'objet d'une com-
(1) Quelques personnes, notamment M. l'Abbé Bourgaut (Guide et souvenirs du Pèlerin à Domremy, p. 66) et M. Léon Germain (Anciennes cloches romanes, p. 1o, Nancy, 1885), remplacent la lettre P (5° et 13°) par la lettre r.
Malheureusement, jusqu'ici, il n'a pas été fait d'estampage de cette inscription, ce qui aurait levé toute espèce de doute sur la nature, la place et la forme des caractères qui la composent.

85 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

munication par M. Mollevaut à l'Académie des inscriptions et belles lettres qui l'aurait approuvée (1).
Suivant M. Vallet de Viriville, au contraire, elle laisse beaucoup à désirer, car elle repose sur un principe purement arbitraire, M. Renault ayant pu à ces mots substituer toute autre phrase.
« Pour la solution définitive, ajoute l'éminent archéologue à qui l'époque de Charles VII était si familière, il y aurait à trouver : 1° Une rédaction plus correcte et, 2° il faudrait découvrir dans un autre ordre de documents écrits un témoignage quelconque qui coïncidât directement avec la version que l'on aurait admise et qui donnerait ainsi à une simple hypothèse préalable le caractère d'une irréfragable certitude (2).
M. Vallet de Viriville aurait pu ajouter que les expressions latines citées par M. Renaud ne devaient pas être usitées à cette époque, surtout en matière religieuse.
M. Renaut n'en a pas moins fait une œuvre d'imagination fort curieuse, quant au sens, et ce serait le cas de s'écrier avec le proverbe italien : « si non è vero, è ben trovato!»
M. l'abbé Bourgaut, curé de Domremy, placé mieux que personne pour voir de près la cloche, n'adopte pas non plus cette interprétation ; « ni abréviations, ni ponctuation, nul signe n'indique, écrit-il, le sens primitif de l'inscription. Ce qui n'a pas empêché certains savants de couper cette ligne épigraphique
(1) Il n'existe dans les comptes-rendus officiels de la savante Compagnie, aucune communication de ce genre.
(2) Echo du Monde savant, loc. cit.


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