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Maison de Jeanne 82 (L)

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82 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

M. Sainsère avait cru devoir aussi informer la municipalité d'Orléans de cette restauration et l'honorable maire de la ville où le nom de Jeanne d'Arc est resté si justement vénéré, M. Heme, lui répondit le 15 mai 1837: «Rien de ce qui touche à la mémoire de Jeanne d'Arc ne saurait nous être indifférent ; aussi ai-je lu avec le plus vif intérêt les détails que renferme la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 28 du mois dernier. L'administration municipale a été heureuse de s'associer, en 1820, à l'inauguration du monument élevé à Domremy en l'honneur de cette héroïne ; elle s'empresse de payer aujourd'hui un juste hommage au respect religieux et au patriotisme qui vous ont porté à assurer la conservation de la chapelle où la libératrice de notre cité et de la France reçut ses premières inspirations. >>
M. Sainsère avait retrouvé dans le plus pitoyable état les quatre statues qui décoraient la chapelle du temps de Jeanne d'Arc. Il les confia à M. Lepy, sculpteur habile de Nancy, qui en opéra une restauration des plus complètes et des mieux réussies. La plus précieuse de ces statues est celle de Notre-Dame-de-Bermont aux pieds de laquelle Jeanne a dû tant de fois se prosterner. Représentée, la tête ornée du diadème avec un long voile, la Vierge tient dans sa main droite un spectre et sur son bras gauche l'Enfant-Jésus. « Elle est enluminée et de facture qui ne manque pas de caractère ni de certain intérêt pour l'histoire de l'art » (1).
(1) Vallet de Viriville, Echo du Monde Savant, 15 décembre 1839. M. Wallon (Jeanne d'Arc, p. 41) a reproduit en gravure cette curieuse statue.

LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY 83

Tout en chêne très dur, elle est fort lourde quoique élevée tout au plus d'un mètre (1).
Parmi les autres statues figuraient celles de sainte Anne et de saint Thiébault; cette dernière tout en pierre. L'autel qui, ainsi qu'on l'a vu plus haut, se composait d'un seul bloc de pierre, fut muni d'un revêtement en bois ; derrière lui la croisée plombée fut remplacée par des vitraux peints.
Dans le Cimetière, on trouva une grande quantité d'ossements qui provenaient certainement de l'ancienne léproserie.
Le pignon du devant de la Chapelle, est, comme autrefois, surmonté d'un campanile dans lequel se trouve une petite cloche qui, pendant la tourmente révolutionnaire, avait été transportée à Goussaincourt et fut plus tard rendue à sa destination première. Cette cloche fait le désespoir des épigraphistes. En effet, « vers l'extrémité supérieure, écrivait M. Vallet de Viriville (2), un cordon circulaire présente une légende fort singulière et qui, pour être conçue en caractères parfaitement distincts, n'en forme pas moins, ainsi qu'on va pouvoir en juger, un problème de paléographie des plus énigmatiques. Ces lettres paraissent, sans aucun doute, postérieures à la première moitié du XVe siècle. Leur forme est simple, élégante et fait reconnaître chacune d'elles avec autant de facilité que s'il s'agissait des plus beaux alphabets gothiques, sortis de nos meilleures typographies
(1) La Vierge tient dans sa main droite un sceptre et non un spectre, ainsi qu'il a été imprimé par erreur à la page précédente. (2) Echo du Monde savant, 15 décembre 1839.


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