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M.
Sainsère
avait
cru
devoir
aussi
informer
la
municipalité
d'Orléans
de
cette
restauration
et
l'honorable
maire
de
la
ville
où
le
nom
de
Jeanne
d'Arc
est
resté
si
justement
vénéré,
M.
Heme,
lui
répondit
le
15
mai
1837:
«Rien
de
ce
qui
touche
à
la
mémoire
de
Jeanne
d'Arc
ne
saurait
nous
être
indifférent ;
aussi
ai-je
lu
avec
le
plus
vif
intérêt
les
détails
que
renferme
la
lettre
que
vous
m'avez
fait
l'honneur
de
m'écrire
le
28
du
mois
dernier.
L'administration
municipale
a
été
heureuse
de
s'associer,
en
1820,
à
l'inauguration
du
monument
élevé
à
Domremy
en
l'honneur
de
cette
héroïne ;
elle
s'empresse
de
payer
aujourd'hui
un
juste
hommage
au
respect
religieux
et
au
patriotisme
qui
vous
ont
porté
à
assurer
la
conservation
de
la
chapelle
où
la
libératrice
de
notre
cité
et
de
la
France
reçut
ses
premières
inspirations.
>>
M.
Sainsère
avait
retrouvé
dans
le
plus
pitoyable
état
les
quatre
statues
qui
décoraient
la
chapelle
du
temps
de
Jeanne
d'Arc.
Il
les
confia
à
M.
Lepy,
sculpteur
habile
de
Nancy,
qui
en
opéra
une
restauration
des
plus
complètes
et
des
mieux
réussies.
La
plus
précieuse
de
ces
statues
est
celle
de
Notre-Dame-de-Bermont
aux
pieds
de
laquelle
Jeanne
a
dû
tant
de
fois
se
prosterner.
Représentée,
la
tête
ornée
du
diadème
avec
un
long
voile,
la
Vierge
tient
dans
sa
main
droite
un
spectre
et
sur
son
bras
gauche
l'Enfant-Jésus.
«
Elle
est
enluminée
et
de
facture
qui
ne
manque
pas
de
caractère
ni
de
certain
intérêt
pour
l'histoire
de
l'art
»
(1).
(1)
Vallet
de
Viriville,
Echo
du
Monde
Savant,
15
décembre
1839.
M.
Wallon
(Jeanne
d'Arc,
p.
41)
a
reproduit
en
gravure
cette
curieuse
statue.
Tout
en
chêne
très
dur,
elle
est
fort
lourde
quoique
élevée
tout
au
plus
d'un
mètre
(1).
Parmi
les
autres
statues
figuraient
celles
de
sainte
Anne
et
de
saint
Thiébault;
cette
dernière
tout
en
pierre.
L'autel
qui,
ainsi
qu'on
l'a
vu
plus
haut,
se
composait
d'un
seul
bloc
de
pierre,
fut
muni
d'un
revêtement
en
bois ;
derrière
lui
la
croisée
plombée
fut
remplacée
par
des
vitraux
peints.
Dans
le
Cimetière,
on
trouva
une
grande
quantité
d'ossements
qui
provenaient
certainement
de
l'ancienne
léproserie.
Le
pignon
du
devant
de
la
Chapelle,
est,
comme
autrefois,
surmonté
d'un
campanile
dans
lequel
se
trouve
une
petite
cloche
qui,
pendant
la
tourmente
révolutionnaire,
avait
été
transportée
à
Goussaincourt
et
fut
plus
tard
rendue
à
sa
destination
première.
Cette
cloche
fait
le
désespoir
des
épigraphistes.
En
effet,
«
vers
l'extrémité
supérieure,
écrivait
M.
Vallet
de
Viriville
(2),
un
cordon
circulaire
présente
une
légende
fort
singulière
et
qui,
pour
être
conçue
en
caractères
parfaitement
distincts,
n'en
forme
pas
moins,
ainsi
qu'on
va
pouvoir
en
juger,
un
problème
de
paléographie
des
plus
énigmatiques.
Ces
lettres
paraissent,
sans
aucun
doute,
postérieures
à
la
première
moitié
du
XVe
siècle.
Leur
forme
est
simple,
élégante
et
fait
reconnaître
chacune
d'elles
avec
autant
de
facilité
que
s'il
s'agissait
des
plus
beaux
alphabets
gothiques,
sortis
de
nos
meilleures
typographies
(1)
La
Vierge
tient
dans
sa
main
droite
un
sceptre
et
non
un
spectre,
ainsi
qu'il
a
été
imprimé
par
erreur
à
la
page
précédente.
(2)
Echo
du
Monde
savant,
15
décembre
1839.