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Maison de Jeanne 78 (L)

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78 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

cave, une pièce d'argent très mince, du module d'une ancienne pièce de douze sols : C'était une monnaie frappée sous le règne de René duc de Lorraine et roi de Naples, dans l'événement eu lieu précisément à une époque contemporaine de celle où Jeanne d'Arc tombât aux mains des Anglais.
Un pouillé du diocèse de Toul, la désignait ainsi : « La Chapelle de Bermont, territoire de Greux, qui était autrefois un hôpital de lépreux ; elle dépend de Gerbonval, hôpital uni à la maison de l'Oratoire de Nancy. La Chapelle est dédiée à Saint-Thiébault. »
En effet, la maison de Bermont, Bellemont ou Beau- mont (1) dont la fondation remontait au XIIIe siècle, avait été créée par Pierre de Bourlemont, Seigneur de Domremy, au moment où la terrible maladie connue sous le nom de Lèpre faisait des ravages en France. A l'époque de Jeanne d'Arc, la léproserie était convertie en maison de refuge pour les voyageurs, puis elle devint un simple Ermitage dont la propriété passa dans les mains des Comtes de Salm. C'est dans ce paisible asile que mourut, le 3 juin 1583, un religieux dont la pierre tombale existe encore dans la Chapelle, et porte l'inscription suivante : «< Cy gist honorable homme Denis Plantain jadis Hermite de Céans qui trépassa le 11° jour de juin 1583. Priez Dieu pour luy.» En 1750 l'Ermitage était habité par le frère Nicolas qui eut pour successeur le frère Arnould. C'est surtout en se rendant chez son oncle Durand Laxart, laboureur à Burey-le-Petit (aujourd'hui Burey- la-Côte, près Vaucouleurs), que la pauvre fille s'arrê-
(1) Cette dénomination lui venait de sa belle situation.

79 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

tait à Notre-Dame-de-Bermont. Elle entretenait cet oncle de ses projets, et finit par obtenir de lui qu'il allât intercéder en sa faveur auprès du Seigneur de Baudricourt. « Donnez-lui des claques et renvoyez-la chez son père, » lui répondit-il tout d'abord. « Robertus pluries dixit testi quod daret ei alapas et reduceret eam ad domum sui patris. »
Jeanne resta ainsi pendant huit jours (1) chez son oncle qui réussit plus tard à convaincre le capitaine de Vaucouleurs et à lui permettre de la présenter à Charles VII. Il est probable, d'ailleurs, qu'elle n'était pas inconnue du Sire de Baudricourt lui-même; plusieurs fois Jean d'Arc, ainsi qu'on l'a déjà vu, avait été en rapport avec le capitaine et Jeanne, sa fille aînée l'avait probablement accompagné à Vaucouleurs et elle avait dû ainsi se familiariser à l'idée d'invoquer la protection d'un si haut personnage.
Au commencement du XVIIe siècle, François de Lorraine, comte de Vaudémont qui avait épousé Christine de Salm, héritière des comtes de même nom, fit don de l'Ermitage de Bermont aux Pères de l'Oratoire de Nancy, qui en demeurèrent ainsi propriétaires jusqu'en 1793.
À cette époque, la pauvre Chapelle, qui seule avait survécu, avec le logement de l'ermite, à l'action du temps, eut le sort de tout ce qui avait un cachet religieux. Mise en vente comme bien national, achetée à vil prix par un habitant de Grand, nommé Thou- venin, elle fut bientôt recédée, ainsi que quatre hec-
(1) V. son interrogatoire du 22 février 1430.


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