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Maison de Jeanne 74 (L)

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74 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

sait exécuter des travaux importants. Le fronton, où son nom est sculpté ainsi que la clé de voûte trouvée dans les fouilles en 1869 et qui ornent aujourd'hui la première pièce de la maison de Domremy, en sont la preuve ; mais elle fut entièrement détruite, comme je l'ai déjà dit, lors de l'invasion des Danois en Lorraine au XVIIe siècle : Habent sua fata... SACELLA!... Le fameux Arbre des Fées eut le même sort.
De l'humble édifice, il ne resta plus qu'un amas de décombres qui demeura longtemps en place et que les vignerons du pays baptisèrent du nom de Pierrier de la Pucelle.
Puis ces décombres finirent par disparaître. « Cependant, en 1855, raconte M. Huin, un habitant de Domremy, dans ses fréquents voyages au Pierrier de la Pucelle, où il a conduit plus d'un visiteur, fut frappé des sites majestueux qui l'environnent. Ce lieu devint bientôt si cher à son cœur qu'il voulut s'assurer si, là, il ne restait rien qui pût lui rappeler plus particulièrement Jeanne d'Arc. Il n'eut pas de repos que des fouilles ne fussent commencées.
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Il prit avec lui des ouvriers du village, et tous travaillèrent avec ardeur. Au bout de trois jours, il fut grandement récompensé, car non seulement, il trouva les fondations de la Chapelle mais encore un mètre et demi de mur au-dessus de ses fondations. Opérant avec le plus grand soin, afin de ne détériorer les murs que le moins possible, il vit que le plafond de ces murs se composait de chaux presque pure, assez bien conservée, mais qu'une pluie survenue peu de temps après, a dissoute.
« Le sol de la chapelle, composé de mortier de

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sable que le temps a durci, n'a pas permis de retirer entières les quelques briques çà et là répandues sur le sol, où elles étaient fortement collées, avec on ne sait quelle espèce de ciment.
« Ces briques enlevées avec le plus grand soin, ont été déposées dans la maison de Jeanne d'Arc, et l'on éprouve une sorte de bonheur à penser que Jeanne elle-même les a foulées aux pieds dans ses fréquentes visites à l'Ermitage.
« Des pierres de taille, d'une extrême blancheur, ont été retirées des décombres, ainsi que quelques débris dont la forme a fait juger qu'ils provenaient de fenêtres terminées par des arcs ou ogives...
« En mémoire de l'Arbre du Beau-Mai, l'habitant de Domremy planta un hêtre sur les ruines de l'Ermitage, du côté de Bourlemont, et un chêne en l'honneur de Jeanne d'Arc, du côté de Domremy (1). »
Il y a quelques années, grâce à la généreuse initiative de Madame la Duchesse de Chevreuse et au concours d'âmes pieuses, on projeta de construire sur l'emplacement de l'ancienne Chapelle, et d'après les plans de M. Paul Sédille, architecte distingué de Paris, une véritable église de style roman, qui dominerait ainsi toute la vallée, et au-devant de laquelle serait ménagé un autel permettant de célébrer la messe en plein air, certains jours de pèlerinage. Un groupe colossal, dont l'exécution fut confiée à M. Allard, prendra place au-dessous de cet autel et représentera saint Michel, sous le vocable
(1) Notice sur l'Ermitage de Sainte-Marie, p. 10.


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