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A
côté
de
cette
montagne,
mais
plus
à
droite,
on
aperçoit
dans
le
lointain,
le
noir
et
antique
clocher
de
Saint-Elophe,
dont
la
forme
est
la
même
que
celle
du
clocher
de
Domremy:
C'est
au
bas
de
Saint-Elophe
que
Julien
l'apostolat
faisait
sa
résidence
habituelle.
Il
avait
un
superbe
palais
dans
sa
ville
de
prédilection,
Solimariaca,
qui
n'est
plus
aujourd'hui
qu'un
charmant
petit
village,
arrosé
par
le
Vair,
et
appelé
Soulosse.
Au
dessus
de
la
vallée
de
la
Meuse,
à
droite,
on
découvre
Neufchâteau;
plus
près,
sur
une
montagne
voisine
du
Bois
Chenu,
le
château
de
Bourlemont
qui
compte
plus
de
douze
cents
ans
d'existence
(1):
A
gauche
est
Domremy
avec
son
joli
pont;
Greux
et
la
route
du
Petit-Burey;
puis,
à
gauche,
de
l'autre
côté
de
la
Meuse,
le
village
de
Maxey,
enfin
de
tous
côtés,
on
ne
voit
que
montagnes
couronnées
de
bois,
que
coteaux
chargés
de
vignes,
une
belle
vallée
peuplée
de
villages,
ombragée
par
des
arbres
de
toutes
espèces,
des
champs
couverts
de
riches
moissons
et,
dans
le
lointain,
les
montagnes
et
les
bois
des
trois
départements
voisins
:
la
Haute-Marne,
la
Meurthe-
et-Moselle,
et
la
Meuse
(2).
Ce
fut
dans
la
Chapelle
Sainte-Marie,
que
Jeanne
(1)
Le
Château
de
Bourlemont
appartient
aujourd'hui
à
M.
le
Comte
d'Alsace,
Prince
d'Hénin.
La
Société
Historique
de
Compiègne
a
été
admise
à
le
visiter
le
24
juillet
1885
et
y
a
reçu
le
plus
aimable
accueil.
(2)
Hist.
popul.
de
Jeanne
d'Arc,
p.
136,
et
Notice
sur
l'Ermitage
de
Sainte-Marie,
Neufchâteau,
1885,
p.
1.
Voir
aussi
dans
l'Histoire
de
Jeanne-d'Arc
par
M.
Jollois
(Pl.
II),
une
intéressante
vue
de
la
Vallée
de
la
Meuse
prise
du
Bois-Chenu.
d'Arc
eut
aussi
de
pieuses
inspirations,
si
l'on
en
croit
Philippe
de
Bergame
qui
le
raconte
sur
la
foi
d'un
officier
milanais,
nommé
Guillaume
Guasco,
alors
au
service
de
Charles
VII:
«
Dans
le
temps,
dit-il,
que
cette
fille
faisait
paître
ses
troupeaux,
il
lui
arriva,
pour
se
mettre
à
couvert
de
la
pluie,
de
se
retirer
dans
une
petite
chapelle
abandonnée
et
de
s'y
endormir.
Elle
crut
y
avoir
été
favorisée
d'un
songe
envoyé
de
Dieu...
«
Elle
se
persuada
que
c'était
un
avertissement
du
ciel
qui
lui
ordonnait
de
quitter
la
garde
de
ses
brebis
pour
aller
secourir
le
roi
Charles...
(1).
»>
Cette
chapelle
qui
avait
environ
sept
mètres
de
longueur
sur
quatre
et
demi
de
largeur,
fut
longtemps
entretenue
et
réparée
par
la
famille
de
Jeanne
d'Arc.
Notre-
pour
En
1549,
Claude
du
Lys
léguait
dix
livres
Dame
de
la
Pucelle,
c'est
ainsi
qu'il
la
désignait.
Plus
tard
Étienne
Hordal,
grand
doyen
de
la
cathédrale
de
Toul
et
arrière-petit-neveu
de
Jeanne,
y
fai-
(1)
De
claris
mulieribus,
V.
J.
Quicherat.
Jeanne
d'Arc,
t.
V,
p.
521.
-
Procès
de
Quelques
personnes
mettent
en
doute
ce
récit
et
pensent
que
la
Chapelle
Sainte-Marie
est
bien
postérieure
à
Jeanne
d'Arc.
Suivant
elles,
ce
petit
monument
aurait
été
érigé
en
l'honneur
de
la
Pucelle,
sur
l'emplacement
de
l'Arbre
des
Fées
où
elle
allait
si
souvent
s'agenouiller.
Ce
qui
donnerait
quelque
raison
d'être
à
cette
version,
c'est
que
dans
ses
interro-
gatoire
Jeanne
d'Arc
qui
s'est
complu
à
parler
tour
à
tour
du
fameux
arbre,
de
la
Fontaine
des
Groseillers
et
du
Bois
Chesnu
n'a
pas
dit
un
seul
mot
de
la
chapelle
en
question.
Peut
être
Guillaume
Guasco
confondait-il
déjà,
comme
on
là
fait
plus
tard,
cette
prétendue
chapelle
avec
celle
de
Notre-Dame
de
Bermont
dont
il
sera
parlé
plus
loin.
D'un
autre
côté,
si
l'Ermitage
Sainte-Marie
avait
existé,
on
ne
se
fut
pas
arrêté
sous
l'Arbre
des
Fées
pour
réciter
l'évangile
de
Saint-Jean;
la
procession
serait
entrée
dans
la
chapelle.