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Maison de Jeanne 70 (L)

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70 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

Jeanne si Sainte-Catherine et Sainte-Marguerite lui avaient parlé sous l'Arbre des Fées et à la Fontaine, elle répondait que pour l'arbre, elle n'en savait rien que, quant à la Fontaine, elle les y avait entendues, mais qu'elle ne savait plus ce qu'elles lui avaient dit. Chaque année, le jour de Laetare, les réjouissances sous le grand hêtre prenaient des proportions beaucoup plus grandes. M. Siméon Luce résume ainsi les témoignages recueillis à cet égard :
« Les membres de la noble famille de Jean de Bourlemont, Seigneurs en partie de Domremy, de Greux, de Maxey et de Bourlemont, entretenaient avec leurs hommes de ces quatre villages des relations d'une familiarité toute patriarcale.
<< Pierre de Bourlemont, fils de Jean, Seigneur de Domremy, pendant les premières années du xv° siècle, avait conservé les mêmes habitudes familières, vrai- ment patriarcales. Tous les ans, le dimanche de Lotare ou de la mi-carême appelé par les habitants du Bassigny dimanche des Fontaines, fête extrêmement populaire dans toutes les parties du Barrois, aussi bien dans la vallée de la Marne que dans celle de la Meuse, Beatrix femme de Pierre de Bourlemont, originaire du royaume de France, accompagnée parfois de son mari et de sa belle-mère Catherine de Bauffremont-Ruppes, allait sous un hêtre magnifique, dit l'Arbre des Fées ou des Dames non loin de la source des Groseilliers, faire des repas champêtres, des dînettes en plein air ; chacun apportait ses provisions, du vin et des petits pains, et les jeunes filles de la seigneurie mêlées aux demoiselles de la bonne Châtelaine, lui composaient une gracieuse escorte :

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Au retour de la belle saison, Béatrix ne laissait échapper aucune occasion de renouveler ces parties de plaisir où la jeunesse des deux sexes prenait ses ébats, chantait, dansait, cueillait des fleurs et tressait des guirlandes que l'on suspendait ensuite aux rameaux touffus du hêtre hanté par les fées (1). »
Ainsi qu'on le verra plus loin une scène de ce genre est reproduite par l'un des tableaux placés dans l'église de Domremy.

C'est auprès du Bois Chesnu surtout, que Jeanne aimait conduire le troupeau de son père et qu'elle allait s'agenouiller devant une ancienne petite chapelle, sise au pied du coteau et surnommée l'Ermitage Sainte-Marie. De cet endroit, ainsi que l'a écrit d'une façon poétique, M. Huin, il y a une trentaine d'années, un tableau des plus vivants se déroule sous yeux ; devant soi, dans une vallée délicieuse, bordée de petites montagnes couronnées de forêts, la Meuse serpente au travers d'une prairie, où paissent de nombreux troupeaux, et roule doucement ses eaux vers le nord ; on voit la route charmante, ombragée de peupliers, qui conduit de Domremy à Neufchâteau ; plus loin s'offrent à la vue, d'abord le beau ruisseau du Vair, qui, à deux kilomètres plus bas, va grossir les eaux de la Meuse ; puis la montagne de Julian (Julien l'Apostolat) qui rappelle de si lointains souvenirs et sur laquelle l'Empereur Romain avait établi un camp dont on a retrouvé les vestiges ; plus haut, une petite éminence qui porte encore le nom de Potence. C'était là, que jadis, on exécutait les criminels.
(1) Jeanne d'Arc à Domremy, p. xxvII.


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