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La
croyance
était
que
le
fameux
hêtre
avait
jadis
servi
de
rendez-vous
à
plusieurs
fées,
mais
qu'elles
n'y
venaient
plus
depuis
que,
chaque
année,
la
veille
de
l'Ascension,
on
donnait
sous
l'arbre,
lecture
de
l'Évangile
de
Saint-Jean.
En
revanche,
les
jeunes
filles
de
Domremy
s'y
rendaient
souvent
pour
danser
aux
chansons.
On
dit
aussi
que
les
jeunes
épousées
y
allaient
le
lendemain
de
leur
mariage,
accrocher
à
l'une
des
branches
leur
bouquet
virginal,
mais
aucun
des
témoins
entendus
dans
les
enquêtes
n'a
fait
allusion
à
cette
prétendue
coutume.
Jeanne,
d'après
un
de
ces
derniers,
«
y
alloit
aussy
aulcunes
fois
avec
les
autres
pucelles
en
temps
d'été,
faisoit
d'esbattement.
>>
mais
y
pou
Voici,
au
surplus,
la
déclaration
qu'elle
fit
elle-même
dans
son
interrogatoire
du
24
février
1430:
«Non
loin
de
Dompremy
il
y
a
un
arbre
qu'on
appelle
l'Arbre
des
Dames,
d'autres
l'appellent
l'Arbre
des
Fées ;
auprès,
il
y
a
une
fontaine
où
j'ai
ouï
dire
que
malades
de
la
fièvre
viennent
boire
et
chercher
de
l'eau
pour
se
rétablir
la
santé.
«
J'en
ai
vu
moi-même
venir
aussi,
mais
je
ne
sais
s'ils
ont
guéri.
«
J'ai
entendu
dire
que
les
malades,
une
fois
relevés,
vont
à
cet
arbre
se
promener.
C'est
un
bel
arbre,
un
hêtre,
d'où
vient
le
Beau
may;
il
appartient
au
Seigneur
Pierre
de
Bourlemont,
chevalier.
J'allais
quelquefois
jouer
avec
les
autres
jeunes
filles,
y
faire
des
guirlandes
pour
Notre-Dame
de
Dompremy...
Souvent,
j'ai
entendu
des
anciens
(ils
ne
sont
pas
de
mon
lignage)
dire
que
les
fées
hantent
cet
arbre...
J'ai
aussi
entendu
dire
à
une
de
mes
marraines
nommée
Jeanne,
femme
du
maire
Aubery
de
Dompremy,
qu'elle
y
a
vu
des
fées ;
est-ce
vrai
ou
non,
je
ne
sais...
Quant
à
moi,
je
ne
les
y
ai
jamais
vues
que
je
sache...
Si
j'en
ai
vu
ailleurs,
je
ne
le
sais...
J'ai
vu
des
jeunes
filles
mettre
des
guirlandes
aux
branches
de
cet
arbre,
et
moi-même
j'y
en
ai
mis
quelquefois
avec
mes
compagnes ;
tantôt
nous
emportions
ces
guirlandes,
tantôt
nous
les
laissions...
Depuis
que
j'ai
su
qu'il
fallait
que
je
vinsse
en
France,
je
me
suis
livrée
à
ces
jeux
et
distractions
le
moins
que
j'ai
pu...
Depuis
que
j'ai
l'âge
de
raison
je
ne
me
souviens
pas
y
avoir
été
danser...
J'ai
pu
y
danser
autrefois
avec
les
autres
enfants...
J'y
ai
plus
chanté
que
dansé...
Il
y
a
aussi
un
bois
nommé
le
Bois
Chesnu
que
l'on
voit
de
la
porte
de
mon
père
(1);
il
n'en
est
pas
éloigné
d'une
demie-lieue.
Je
ne
sais
et
n'ai
jamais
entendu
dire
que
les
fées
y
apparaissent ;
mais
mon
frère
m'a
appris
qu'on
disait
dans
le
pays
:
«
Jeannette
a
pris
son
fait
l'Arbre
des
Fées.
»
Il
n'en
est
rien
et
je
lui
ai
dit
le
contraire.
Quand
je
vins
vers
le
Roi
aucuns
me
demandaient
si
dans
mon
pays
il
n'y
avait
point
un
bois
appelé
le
Bois
Chesnu
parce
qu'il
avait
prophéties
qui
disaient
que
des
environs
de
ce
bois
viendrait
une
pucelle
qui
ferait
des
merveilles...
Je
n'ai
point
ajouté
foi
à
cela
(2).
»
Et
le
1
mars
suivant,
lorsqu'on
demandait
à
(1)
Jeanne
d'Arc
ne
dit
pas
que
ce
bois
ait
appartenu
à
sa
famille.
(a)
Procès
de
Jeanne
d'Arc,
par
J.
Quicherat,
t.
Ior
p.
67,
et
Procès
de
condamnation
de
Jeanne
d'Arc,
par
J.
Fabre,
p.
73.