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peintre
a
écrit
lui-même
:
«
Puisse
ce
coup
de
pin-
ceau
naïf
et
maladroit
engager
les
artistes
à
traiter
plus
dignement
ces
premières
pages
d'une
vie
hé-
roïque
!
»
En
dehors
de
l'église,
à
gauche,
on
voit
une
statue
de
l'héroïne
en
habit
rustique;
elle
est
à
genoux,
le
regard
et
un
bras
levés
vers
le
ciel.
Cette
statue,
sortie
de
la
fonderie
Bronchon
(Haute-Marne)
et
due
au
ciseau
de
M.
E.
Paul,
a
été
érigée
en
1860,
ainsi
que
le
constate
l'inscription
suivante
gravée
en
lettres
d'or
sur
une
plaque
de
marbre
:
INAUGURATION
DE
LA
STATUE
DE
JEANNE
D'ARC
A
DOMREMY
LE
30
SEPTEMBRE
1860
SOUS
LE
PATRONAGE
DE
LA
SOCIÉTÉ
DES
SCIENCES
INDUSTRIELLES
ARTS
ET
BELLES
LETTRES
DE
PARIS
Le
secrétaire
perpétuel,
Dr
B.
LUNEL.
Le
président,
Dr
BOUSSAIS.
Le
délégué,
Le
sculpteur,
AD.
FAVRE.
EUG.
PAUL.
-
LE
BOIS-CHENU.
L'ARBRE
DES
FÉES.-L'ERMITAGE
SAINTE-MARIE.
Si,
en
quittant
de
Domremy,
on
se
dirige
vers
le
château
de
Bourlemont,
en
suivant
la
rive
gauche
de
la
Meuse,
on
arrive,
après
avoir
parcouru
environ
onze
cents
mètres,
à
un
coteau
boisé
qui,
comme
on
l'a
vu
plus
haut,
passe
pour
avoir.
appartenu
au
père
de
Jeanne.
Il
était
couvert
de
chênes ;
d'où
son
nom
de
Bois-Chenu.
Au
bas
du
coteau
se
trouvait
un
hêtre
magnifique
auquel
personne,
même
du
temps
de
Jeanne
d'Arc,
ne
pouvait
assigner
d'âge,
tant
il
paraissait
vieux.
On
l'appelait
tour
à
tour
le
Beau
mai,
l'Arbre
des
dames
et
l'Arbre
des
fées.
En
1628,
Edmond
Richer
auteur
d'une
vie
manuscrite
de
la
Pucelle,
écrivait
à
propos
de
cet
arbre
qu'il
avait
pu
contempler
:
«
les
branches
de
ce
fau
(du
mot
fagus
hêtre),
sont
toutes
rondes
et
rendent
une
belle
et
grande
ombre
pour
s'abriter
dessous,
comme
presque
l'on
serait
au
couvert
d'une
chambre,
et
faut
que
cet
arbre
aye
pour
le
moins
trois
cents
ans,
qui
est
une
merveille
de
nature.
>>
Dans
le
Procès
de
Réhabilitation,
un
des
témoins,
Gérardin
d'Epinal,
laboureur
à
Domremy,
déclarait
de
son
côté,
que
cet
arbre
était
énorme
et
beau
comme
un
lys
en
été,
avec
son
épais
feuillage
et
ses
branches
qui
s'étendaient
au
loin
et
tombaient
jusqu'à
terre
:
<<
ac
folia
et
rami
ejus
veniunt
usque
ad
terram.
>>
Non
loin
de
cet
arbre
majestueux
coulait
la
Fontaine
des
Groseilliers,
intarissable
en
toute
saison
et
qui
alimente
encore
les
fontaines
de
Domremy.
À
un
kilomètre
plus
loin,
dit
M.
l'abbé
Bourgaut,
on
voit
suinter,
çà
et
là,
sous
des
touffes
d'herbes
toujours
vertes,
les
eaux
de
la
Fontaine
de
la
Pucelle....
A
la
source
des
Groseilliers
accourait
une
joyeuse
jeunesse
ardente
à
se
divertir ;
à
la
source
de
la
Pucelle,
se
traînaient
les
malades
en
quête
de
leur
guérison...
«
C'est
à
la
source
de
la
Pucelle
et
non
des
Groseilliers
que
Jeanne
reçut
des
communications
célestes,
de
Sainte-Marguerite
et
de
Sainte-Catherine
»>
(1).
(1)
Guide
et
souvenirs
du
pèlerin
à
Domremy,
p.
70
et
73