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leurs,
en
février
1429,
elle
était
vêtue
de
ses
pauvres
habits
rouges
de
paysanne.
Elle
quitta
dès
lors
les
vêtements
de
son
sexe
et
ne
les
reprit
que
deux
ans
après,
à
la
veille
de
son
supplice.
La
Pucelle,
avant
de
partir
de
Vaucouleurs,
se
fit
couper
les
cheveux
courts
et
en
rond,
à
la
mode
des
jeunes
militaires
et
revêtit
un
costume
d'homme
complet,
dont
voici
le
détail
chemise,
braies
ou
caleçon;
gippon
ou
justau-
corps
(espèce
de
gilet);
chausses
longues
liées
au
gippon
ou
par
vingt
aiguillettes;
robe
courte
tombant
jusqu'au
genou
ou
environ;
ou
environ;
chaperon
découpé
;
guêtres
hautes
appelées
houseaux,
serrées
sur
la
jambe;
souliers
hauts
lacés
en
dehors;
éperons.
longs;
une
épée,
une
dague,
une
haubert,
une
lance
et
le
reste
du
fourniment
à
l'usage
des
hommes
d'armes.
Son
chaperon
était
de
laine,
et
ce
premier
costume
ressemblait
à
celui
«
d'hommes
de
bien
simple
manière
».
Tel
fut
l'équipage
dans
lequel
elle
se
présenta
devant
le
roi
à
Chinon
(1).
Jusqu'à
présent
la
plupart
des
artistes
peintres
ou
sculpteurs,
qui
ont
tenté
de
reproduire
la
physionomie
si
sympathique
de
Jeanne
d'Arc,
n'ont
pu,
malgré
leur
talent
et
leurs
efforts,
arriver
à
un
résultat
com-
plet.
Les
uns
se
sont
laissés
dominer
exclusivement
par
l'idée
religieuse;
les
autres,
par
le
sentiment
chevaleresque;
espérons
qu'un
jour
viendra
où
nous
verrons
apparaître
à
nos
yeux
cet
ensemble
si
poé-
tique
dans
lequel
la
douceur
s'allie
à
l'énergie;
la
pieuse
inspiration
à
l'entraînement
patriotique,
et
la
sensibilité
féminine
à
l'ardeur
guerrière.
(1)
Recherches
iconographiques
sur
Jeanne
d'Arc.
Paris
1855,
p.
2.
A
défaut
d'un
portrait
authentique
de
Jeanne
d'Arc,
les
nombreuses
dépositions
recueillies,
surtout
dans
la
procédure
relative
à
sa
réhabilitation,
ont
permis
au
moins,
de
reconstituer
son
caractère
et
sa
manière
de
vivre
depuis
son
départ
de
Domremy
jusqu'au
jour
néfaste
où
elle
fut
prisonnière.
M.
Le
Brun
de
Charmettes
(1)
a
dépouillé
avec
le
plus
grand
soin
cette
enquête,
et,
en
s'appuyant
sur
chaque
déclaration
dont
il
donne
en
note
l'indication.
précise,
afin
de
permettre
de
remonter
à
la
source
elle-même,
il
est
parvenu
à
retracer
de
la
vie
in-
time
de
Jeanne
d'Arc,
un
tableau
d'une
fidélité
telle,
que
ce
serait
en
détruire
l'harmonie
que
d'en
modifier
les
termes.
«
Elle
était,
dit-il,
très
charitable
et
très
généreuse
dans
ses
aumônes,
donnant
aux
pauvres
tout
l'argent
dont
elle
pouvait
disposer.
Elle
remit
souvent,
dans
cette
vue,
à
Jean
de
Metz,
des
sommes
prises
sur
ses
épargnes.
Quand
on
l'engageait
à
mettre
des
bornes
à
sa
libéralité,
«
j'ai
été
envoyée,
répondait-
«
elle,
pour
la
consolation
des
pauvres
et
des
indigents.
>>
«
Elle
était
compatissante,
même
pour
ses
ennemis,
et
avait
soin
de
leur
faire
administrer
les
consolations
de
l'Église,
lorsqu'elle
les
voyait
en
danger
de
mourir.
«
Elle
était
de
la
plus
grande
sobriété,
tant
en
buvant
qu'en
mangeant.
Aucun
être
vivant
n'aurait
pu
l'emporter
sur
elle
à
cet
égard.
«
Elle
était
infiniment
chaste
et
pudique.
On
entendit
très
souvent
Jean
d'Aulon,
à
qui
le
Roi
avait
confié
la
garde
de
cette
jeune
fille,
dire
qu'il
ne
croyait
(1)
Histoire
de
Jeanne
d'Arc,
t.
3,
p.
60.