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pas,
qu'il
y
eût
une
femme
plus
chaste
qu'elle
au
monde.
Les
Anglais
eux-mêmes,
dit
un
historien
célèbre
de
cette
nation,
ne
lui
ont
jamais
rien
reproché
relativement
à
ses
mœurs.
«
On
n'a
jamais
ouï-dire
qu'elle
se
soit
entretenu
avec
aucun
homme
une
fois
le
soleil
couché.
Toujours
une
ou
plusieurs
femmes
partageaient
sa
couche.
Elle
préférait
que
ce
fussent
de
jeunes
vierges ;
elle
ne
voulait
pas
coucher
avec
de
vieilles
femmes
(1).
Quand
on
ne
pouvait
trouver
des
personnes
de
son
sexe
pour
passer
la
nuit
auprès
d'elle,
elle
reposait
tout
habil-
lée.....
(2).
(1)
La
Chronique
de
la
Pucelle,
rédigée
sans
nom
d'auteur
à
la
fin
du
XVe
siècle,
raconte
ainsi
son
entrée
à
Orléans
le
29
avril
1429.
«
Sur
ce,
elle
consentit
d'entrer
dans
la
ville,
avec
ceux
qui
luy
estoient
ordonnez,
et
y
entra;
et
fut
reçeue
à
grand
joye,
et
logée
en
l'hostel
du
thrésorier
du
duc
d'Orléans,
nommé
Jacques
Boucher,
où
elle
se
fist
désarmer.
Et
est
vray
que,
depuis
le
matin
jusques
au
soir,
elle
avoit
chevauché
toute
armée,
sans
descendre
boire
ny
manger.
On
luy
avoit
faict
appareiller
à
souper
bien
et
honorablement;
mais
elle
fist
seulement
mettre
du
vin
dans
une
tasse
d'argent,
où
elle
mist
la
moitié
d'eau,
et
cinq
ou
six
soupes
dedans,
qu'elle
mangea,
et
ne
print
autre
chose
tout
le
jour
pour
manger
ny
boire;
puis
s'alla
coucher
en
la
chambre
qui
luy
avoit
esté
ordonnée;
et
avec
elle
estoient
la
femme
et
la
fille
du
dict
thrésorier,
laquelle
fille
coucha
la
nuict
avec
la
dicte
Jeanne.»
(Quicherat,
t.
4,
p.
219.)
C'est
ainsi
encore,
que
pendant
son
séjour
à
Compiègne,
elle
partagea
son
lit
avec
la
fille
du
Procureur
du
Roi,
chez
lequel
elle
était
logée.
On
lit,
en
effet,
en
marge
d'un
exemplaire
des
Annales
d'Aquitaine,
de
Jehan
Bouchet.
(Bil.
nat.
Rés.
L.
359),
la
note
suivante
qui
date
du
XVIe
siècle
:
«La
dite
Pucelle
estoit
logée
au
logis
du
Procureur
du
Roy
du
dit
Compiègne,
à
l'enseigne
du
Boeuf,
et
couchoit
avec
la
femme
du
dit
Procureur,
mère-grand'
de
maistre
Jehan
Le
Féron,
appelée
Marie
Le
Boucher
et
faisoit
souvent
relever
de
son
lict
la
dite
Marie
pour
aller
advertir
le
Procureur
que
se
donnast
de
garde
de
plusieurs
trahisons
des
Bourguignons.
>>
(2)
Louis
de
Contes
page
de
Jeanne
d'Arc,
raconte
dans
sa
déposition,
que
deux
jours
avant
son
entrée
à
Orléans,
elle
eut
«
Quand
elle
était
en
armes
et
à
cheval,
jamais
elle
n'en
descendait
pour
aucun
besoin
naturel,
et
tous
les
gens
de
guerre
s'émerveillaient
qu'elle
pût
rester
si
longtemps
à
cheval.
«
Son
air,
ses
gestes,
ses
discours,
étaient
pleins
d'honnêteté,
de
décence
et
de
pudeur,
jamais
aucun
jurement
ne
sortit
de
sa
bouche ;
ses
lèvres
ne
proféraient
que
des
paroles
édifiantes
et
de
bon
exemple ;
elle
avait
horreur
des
blasphèmes ;
elle
haïssait
le
jeu
de
dés ;
pour
rien
au
monde
elle
n'eût
voulu
faire
une
chose
qu'elle
eût
cru
déplaire
à
Dieu ;
c'était
en
tout,
une
bonne
et
honnête
créature,
de
très
belle
vie,
abhorrant
le
vice,
reprenant
les
vicieux,
pleine
de
modestie
et
rapportant
à
Dieu
la
gloire
de
tous
ses
faits.
«
Rien
n'égalait
sa
simplicité
et
même
son
ignorance,
dès
qu'il
ne
s'agissait
plus
des
opérations
militaires,
dans
lesquelles
elle
se
montrait
très
habile ;
car
elle
s'entendait
aussi
bien
à
conduire
et
à
disposer
les
troupes,
à
les
ranger
en
bataille,
à
les
animer
au
combat,
que
si
c'eût
été
le
plus
subtil
capitaine
du
monde,
et
qui
eût
consacré
toute
sa
vie,
à
étudier
l'art
de
la
guerre.
Personne
ne
montait
mieux
à
cheval,
ne
se
servait
de
la
lance
avec
plus
d'adresse,
et
surtout
ne
disposait
l'artillerie
avec
plus
d'intelligence.
Elle
valait
à
elle
seule
deux
ou
trois
des
plus
célèbres
guerriers.
Elle
joignait
au
courage
le
plus
intrépide,
la
prudence
et
la
prévoyance,
qui
semblent
le
corps
meurtri
(multum
fuit
losa)
parce
que
se
trouvant
obligée
de
coucher
en
pleine
campagne,
elle
ne
voulut
pas
ôter
son
armure:
«
quia
ipsa
cubuit
cum
armis.
»
(Quicherat,
t.
3,
p.
67,
M.
Boucher
de
Molandon,
première
expédition
de
Jeanne
d'Arc,
Orléans
1874,
P.
48).