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ils
étaient
à
peu
de
chose
près
coupés
à
la
manière
des
guerriers
du
temps.
La
candeur,
l'innocence
virginale,
une
pureté
angélique,
quelque
chose
de
rêveur,
et
une
teinte
de
tristesse
formaient
le
caractère
de
sa
physionomie.
«
Dans
le
même
tableau,
ses
mains
sont
bien
faites,
quoique
les
formes
en
soient
plutôt
nerveuses
qu'arrondies ;
ses
doigts
paraissent
longs
et
effilés.
«
Elle
avait
la
voix
douce
et
la
parole
insinuante.
Un
gentilhomme
de
son
pays
assure,
en
outre,
qu'elle
s'exprimait
très
bien
(multum
benè
loquebatur)
(1);
on
remarquait
en
elle
un
si
grand
sens
et
tant
de
circonspection
qu'on
eût
dit
qu'elle
avait
été
élevée
dans
une
cour
bien
réglée,
où
eussent
régné
la
sagesse
et
la
prudence.
«
Elle
montait
à
cheval
et
portait
une
lance
avec
autant
d'adresse
et
de
grâce
qu'aurait
pu
faire
le
meilleur
chevalier.
«
Enfin,
une
particularité
aussi
remarquable
semblait,
en
achevant
de
l'élever
au-dessus
de
l'ordre
commun,
rendre
manifeste
les
desseins
de
Dieu
à
son
égard.
Femme
par
la
douceur,
la
pudeur
et
la
modestie,
mais
exempte
de
la
plupart
des
faiblesses
attachées
à
son
sexe,
elle
n'était
point
non
plus
assujettie
à
ce
tribut
régulier
et
incommode
qui,
plus
encore
que
les
lois
et
les
usages,
interdit
en
général
aux
femmes
les
fonctions
que
les
hommes
se
sont
attribuées.
>>
Le
docteur
Hirzel
s'est
évidemment
inspiré
de
ce
passage,
dans
la
description
qu'à
son
tour
il
a
donnée
de
Jeanne
d'Arc:
(1)
Déposition
d'Albert
de
Urchiis,
chevalier.
«
Elle
était
belle
de
figure,
dit-il,
bien
faite,
svelte,
sans
maigreur,
assez
grande
pour
son
sexe,
d'une
force
et
d'une
résistance
à
la
fatigue
extraordinaires.
Elle
avait
le
visage
frais
et
rond ;
le
front
était
de
moyenne
hauteur,
et,
de
ses
grands
yeux,
d'une
couleur
entre
le
vert
et
le
bleu
clair,
s'échappait
un
regard
d'une
mélancolie
et
d'un
charme
inexprimables.
Ses
sourcils,
finement
dessinés,
étaient
légèrement
arqués ;
elle
avait
le
nez
droit
et
bien
fait,
la
bouche
petite,
les
lèvres
peu
épaisses
et
vermeilles.
Son
menton
n'était
pas
grand,
quelque
peu
pointu ;
le
teint
de
son
visage
était
d'un
blanc
très
mat ;
ses
beaux
cheveux
châtain
foncé,
relevés
sur
ses
tempes,
ruisselaient
abondamment
sur
un
cou
d'une
blancheur
éclatante ;
mais
ils
s'arrêtaient
aux
épaules,
car
elle
les
avait
coupés
selon
la
mode
des
hommes
de
guerre.
Son
visage
respirait
la
candeur,
l'innocence
et
je
ne
sais
quelle
tristesse
rêveuse ;
le
timbre
de
sa
voix
avait
la
douceur
et
la
suavité
féminines ;
son
langage
portait
l'empreinte
des
plus
nobles
sentiments,
d'une
grande
dignité
et
d'une
sagacité
pénétrante.
Silencieuse
et
laconique
dans
la
vie
ordinaire,
elle
devenait
éloquente
lorsqu'il
s'agissait
de
parler
de
sa
mission
divine.
Enfin,
bien
qu'elle
fût
exempte
des
défaillances
physiques
naturelles
à
la
femme,
elle
trahissait
son
sexe
par
une
grande
disposition
aux
larmes
et
par
une
sensibilité
que
la
guerre
ne
pût
émousser
(1).
>>
D'après
M.
Vallet
de
Viriville,
lorsque
Jeanne
d'Arc
se
sépara
de
ses
parents
et
se
rendit
à
Vaucou-
(1)
Johanna
d'Arc
par
le
docteur
Hirzel.
Berlin
1877.
Traduction
de
M.
Hipp.
Lemaire.