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Maison de Jeanne 28 (L)

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28 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

Mais alors, que faut-il penser de celle en fonte qui actuellement est encastrée dans la façade de la maison de Jeanne d'Arc ?
M. l'abbé Bourgaud, curé de Domremy, qui n'a rien négligé de ce qui a trait au séjour de Jeanne d'Arc à Domremy et qui a consigné ses impressions dans une intéressante brochure qu'on ne saurait trop relire, s'exprime ainsi au sujet de ces deux statues :
<< Pour les avoir décrites sur la foi d'autrui, plusieurs auteurs les ont confondues, prenant de la fonte pour de la pierre, la rouille pour de la polychromie, le badigeon pour une couleur naturelle, et la copie pour le modèle, car l'une est simplement la reproduction de l'autre Dimension, attitude, traits, armure, vêtements, tout se ressemble, sauf les mutilations (1). » C'est également l'opinion de MM. A. de Bouteillier et G. de Braux.
<< Pour nous aussi, disent-ils, le modèle est la statue de la maison, dont la conservation s'explique aisément par la restauration due aux soins de M. Jollois; mais celle qui est au-dessus de la porte n'est autre chose que la reproduction très moderne de celle-là. Il est clair pour nous que M. Jollois, avant de faire réparer la statuette originale, en a fait exécuter, sans doute aux forges de Tusey, une copie coulée en fonte, la reproduisant dans l'état de mutilation où elle se trouvait, et qu'il a fait prendre à cette copie la place qu'occupait l'original.
« A cette place, en effet, elle constitue la plus
(1) Guide et souvenirs du pèlerin à Domremy. Nancy, 1878, p. 38.


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frappante et la plus respectable des décorations, en même temps que sa conservation est assurée contre de nouveaux accidents. >>
Et, en note, ils ajoutent : « L'examen de cette statue de fonte ne laisse aucun doute à ce sujet. Elle est coulée en creux, et toutes les parties mutilées sont pleines. Les cassures existaient donc sur le modèle. >> (1)
Ce qui vient d'être résumé, au sujet de ces deux statues, l'une en pierre, l'autre en fonte, démontre qu'on ne saurait voir en elles, un portrait véritable de Jeanne d'Arc. On ne possède malheureusement aucune reproduction authentique de ses traits. Dans son sixième interrogatoire (3 mars 1430), quand on lui demanda si elle n'avait « point vu ou fait faire aucune image ou peinture d'elle et à sa ressem- blance, » elle répondit :

« qu'elle avait voeu à Arras une peinture en la main d'un Escot (Ecossais), et qu'il y avoit la semblance d'elle tout armée et pré- sentoit unes lectres à son roy et estoit agenouillée d'un genoul. Et dit que oncques ne vit ou fist faire autre ymaige ou paincture à sa semblance. » (2)


À défaut de portrait exact de l'héroïne, les écrivains qui se sont occupés d'elle ont cherché à recomposer sa personne et sa physionomie, soit à l'aide de récits du temps, soit avec les témoignages recueillis dans les enquêtes des procès de condamnation et de réhabilitation. Or, d'après les dépositions de plusieurs témoins qui l'avaient parfaitement connue,
(1) Notes iconographiques sur Jeanne d'Arc. Paris, 1879, p. 36. (2) V. Procès de Condamnation de Jeanne d'Arc. Traduction avec éclaircissements par Joseph Fabre. Paris, 1884. Delagrave. p. 116. Cet ouvrage est des plus intéressants.


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