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Mais
alors,
que
faut-il
penser
de
celle
en
fonte
qui
actuellement
est
encastrée
dans
la
façade
de
la
maison
de
Jeanne
d'Arc
?
M.
l'abbé
Bourgaud,
curé
de
Domremy,
qui
n'a
rien
négligé
de
ce
qui
a
trait
au
séjour
de
Jeanne
d'Arc
à
Domremy
et
qui
a
consigné
ses
impressions
dans
une
intéressante
brochure
qu'on
ne
saurait
trop
relire,
s'exprime
ainsi
au
sujet
de
ces
deux
statues
:
<<
Pour
les
avoir
décrites
sur
la
foi
d'autrui,
plusieurs
auteurs
les
ont
confondues,
prenant
de
la
fonte
pour
de
la
pierre,
la
rouille
pour
de
la
polychromie,
le
badigeon
pour
une
couleur
naturelle,
et
la
copie
pour
le
modèle,
car
l'une
est
simplement
la
reproduction
de
l'autre
Dimension,
attitude,
traits,
armure,
vêtements,
tout
se
ressemble,
sauf
les
mutilations
(1).
»
C'est
également
l'opinion
de
MM.
A.
de
Bouteillier
et
G.
de
Braux.
<<
Pour
nous
aussi,
disent-ils,
le
modèle
est
la
statue
de
la
maison,
dont
la
conservation
s'explique
aisément
par
la
restauration
due
aux
soins
de
M.
Jollois;
mais
celle
qui
est
au-dessus
de
la
porte
n'est
autre
chose
que
la
reproduction
très
moderne
de
celle-là.
Il
est
clair
pour
nous
que
M.
Jollois,
avant
de
faire
réparer
la
statuette
originale,
en
a
fait
exécuter,
sans
doute
aux
forges
de
Tusey,
une
copie
coulée
en
fonte,
la
reproduisant
dans
l'état
de
mutilation
où
elle
se
trouvait,
et
qu'il
a
fait
prendre
à
cette
copie
la
place
qu'occupait
l'original.
«
A
cette
place,
en
effet,
elle
constitue
la
plus
(1)
Guide
et
souvenirs
du
pèlerin
à
Domremy.
Nancy,
1878,
p.
38.
frappante
et
la
plus
respectable
des
décorations,
en
même
temps
que
sa
conservation
est
assurée
contre
de
nouveaux
accidents.
>>
Et,
en
note,
ils
ajoutent
:
«
L'examen
de
cette
statue
de
fonte
ne
laisse
aucun
doute
à
ce
sujet.
Elle
est
coulée
en
creux,
et
toutes
les
parties
mutilées
sont
pleines.
Les
cassures
existaient
donc
sur
le
modèle.
>>
(1)
Ce
qui
vient
d'être
résumé,
au
sujet
de
ces
deux
statues,
l'une
en
pierre,
l'autre
en
fonte,
démontre
qu'on
ne
saurait
voir
en
elles,
un
portrait
véritable
de
Jeanne
d'Arc.
On
ne
possède
malheureusement
aucune
reproduction
authentique
de
ses
traits.
Dans
son
sixième
interrogatoire
(3
mars
1430),
quand
on
lui
demanda
si
elle
n'avait
«
point
vu
ou
fait
faire
aucune
image
ou
peinture
d'elle
et
à
sa
ressem-
blance,
»
elle
répondit
:
« qu'elle avait voeu à Arras une peinture en la main d'un Escot (Ecossais), et qu'il y avoit la semblance d'elle tout armée et pré- sentoit unes lectres à son roy et estoit agenouillée d'un genoul. Et dit que oncques ne vit ou fist faire autre ymaige ou paincture à sa semblance. » (2)
À
défaut
de
portrait
exact
de
l'héroïne,
les
écrivains
qui
se
sont
occupés
d'elle
ont
cherché
à
recomposer
sa
personne
et
sa
physionomie,
soit
à
l'aide
de
récits
du
temps,
soit
avec
les
témoignages
recueillis
dans
les
enquêtes
des
procès
de
condamnation
et
de
réhabilitation.
Or,
d'après
les
dépositions
de
plusieurs
témoins
qui
l'avaient
parfaitement
connue,
(1)
Notes
iconographiques
sur
Jeanne
d'Arc.
Paris,
1879,
p.
36.
(2)
V.
Procès
de
Condamnation
de
Jeanne
d'Arc.
Traduction
avec
éclaircissements
par
Joseph
Fabre.
Paris,
1884.
Delagrave.
p.
116.
Cet
ouvrage
est
des
plus
intéressants.