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Maison de Jeanne 14 (L)

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14 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

Le père de la Pucelle possédait donc, auprès de ses concitoyens, une notabilité personnelle, mais de là, s'ensuit-il, comme on a voulu l'insinuer, qu'il ait eu certaines attaches nobiliaires ? Tout démontre le contraire, et ce qui le prouve surabondamment, ce sont les lettres patentes accordées par le roi Charles VII en décembre 1429 et expédiées à la Cour des comptes le 16 janvier suivant, portant anoblissement de Jean d'Arc et de sa famille « quoique, disent ces lettres,
ils ne soient pas de race noble extraction, et que peut- être, même, ils soient d'autre condition que de condition libre :

<< non obstante quod ipsi ex nobili genere ortum non sumpserint, et forsan alterius quam liberæ conditionis existant. »


Le nom d'Arc lui venait, selon toute probabilité, de la petite ville d'Arc en Barrois située, sur le ruisseau d'Aujon, dans l'arrondissement de Chaumont (Haute-Marne).
Jacques d'Arc épousa Isabelle Romée, native de Vouthon, village de la Meuse, limitrophe de Dom- remy, et qui fait partie aujourd'hui du canton de Gondrecourt.
De cette union naquirent cinq enfants: trois fils, Jacquemin, Jean et Pierre ou Pierrelo, et deux filles, Catherine, morte sans postérité, et Jeanne, dont la naissance est fixée au 6 février 1411. Elle fut baptisée par Jean Minet, curé de Domremy, dans l'église du village dédiée à Saint-Remi.
Tout le monde sait comment Jeannette (c'est ainsi qu'on l'appelait alors), passa ses premières années au sein de sa famille. C'était, d'après tous les témoins

15 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

entendus dans les enquêtes qui suivirent sa mort, une bonne fille, simple, chaste, modeste, patiente, labo- rieuse, partageant ses journées entre le travail et la prière, vaquant, comme elle l'a déclaré elle-même aux soins du ménage, n'allant qu'accidentellement aux champs garder les moutons et autres animaux.
C'est l'humble demeure où sa mère lui apprenait à coudre des pièces de lin et à filer le chanvre, que tous les ans, un grand nombre de personnes vont religieusement visiter.
Dès qu'on a dépassé l'église et qu'on a franchi une rue ouverte en 1823 sur l'emplacement de l'ancien cimetière, on aperçoit une grille qui relie deux pavillons semblables. C'est en face de cette grille, au milieu d'un petit jardin, entièrement planté de fleurs et arrosé par le ruisseau des Trois fontaines, que se trouve la pauvre maisonnette.
Un coup de sonnette suffit pour que la grille soit ouverte et l'une des Sœurs de l'école se fait un plaisir de vous servir de guide. C'est ainsi que sous l'intelligente direction de la sœur Alexis Voriot, gardienne de la maison de Jeanne d'Arc, j'ai pu contempler à loisir ce qui nous reste d'un passé si glorieux et si triste à la fois.
La façade de la maison consiste en un demi pignon entièrement tapissé de verdure, dont le toit incline de gauche à droite ; quelques ouvertures, dans le style du XVe siècle, y sont ménagées. La porte principale est surmontée d'un encadrement ogival en forme d'accolade dans lequel on remarque plusieurs
écussons.


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