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les
deux
poutres
encastrées
dans
les
murs
latéraux,
on
a
replacé
dans
les
anciens
encastrements,
des
solives
et
un
plancher
;
les
poutres
qui
sont
anciennes,
montrent
encore
les
traces
des
mutilations
honorables
qu'elles
ont
éprouvées,
et
attesteront
pendant
longtemps
les
hommages
rendus
par
les
Français
et
les
étrangers
à
la
mémoire
de
l'illustre
héroïne.
Le
plancher
bas
de
la
pièce
est
formé
maintenant
de
grandes
dalles
de
pierre.
»
(1)
Bientôt
après,
on
commença
le
monument
élevé
à
la
mémoire
de
Jeanne
d'Arc
sur
la
place
de
Domremy,
au
milieu
d'une
plantation
de
peupliers.
Ce
monument
consiste
en
une
fontaine,
dont
l'eau,
aujourd'hui
tarie,
était
versée
dans
une
vasque
par
un
masque
de
lion
en
bronze
appliqué
sur
la
face
extérieure
du
piédestal.
Le
trop-plein
allait
se
perdre
dans
la
rivière.
Le
corps
de
ce
piédestal
repose
sur
un
socle
de
pierre
et
il
est
surmonté
d'une
corniche
dans
le
goût
antique ;
quatre
piliers
d'ordre
dorique,
couronnés
d'une
architecture
et
d'une
corniche,
reçoivent
un
toit
en
pierre
terminé
sur
les
faces
antérieures
et
postérieures
par
un
fronton.
Au
milieu
de
cette
espèce
de
portique
est
posé
sur
un
cippe
le
buste
de
Jeanne
d'Arc
sculpté
par
M.
Legendre-Héral,
alors
professeur
à
l'École
des
Beaux-Arts
de
Lyon.
Il
reproduit,
dit
M.
de
Haldat,
«
l'image
de
la
Pucelle
d'Orléans
sous
les
traits
d'une
jeune
femme,
forte
et
remplie
d'un
saint
et
généreux
enthousiasme.
De
longs
cheveux
flottent'
sur
ses
épaules
et
sa
tête
est
couverte
de
cette
toque
à
panache
avec
laquelle
elle
(1)
Histoire
abrégée
de
la
vie
de
Jeanne
d'Arc,
p.
169.
a
été
représentée
par
les
artistes
qui
ont
vécu
à
l'époque
où
ses
traits
étaient
encore
présents
à
la
mémoire
de
ses
contemporains.
»
(1)
Je
suis
loin
de
partager
cette
admiration
et,
comme
M.
l'abbé
Jeangeot,
j'estime
qu'un
pareil
buste
<<
est
indigne
à
tous
les
points
de
vue
de
celle
qu'il
a
l'ambition
de
représenter.
Ni
le
bon
goût,
ni
le
sentiment
religieux
y
trouvent
leur
compte
»
(2)
et,
c'est
avec
raison
que
l'abbé
Barthélemy
de
Beauregard,
en
parlant,
s'écrie
:
«
C'est
une
fontaine,
lourd
baldaquin
de
pierres
de
taille
entouré
d'une
grille,
sous
lequel
s'élève
sur
un
lourd
piédestal,
une
lourde
statue
ou
plutôt
un
buste
épais,
à
la
face
insignifiante,
que
l'inscription
menteuse
dit
être
la
figure
inspirée
de
l'héroïne,
c'est
tout
ce
qu'il
y
a
de
plus
carré,
de
plus
froid
et
de
plus
prosaïque
au
monde.
(3)
»
Ce
que
je
dis
du
buste,
je
le
pense
également
du
monument
tout
entier
sur
lequel
on
lit,
d'un
côté,
en
lettres
de
bronze
:
et
de
l'autre
:
A
LA
MÉMOIRE
DE
JEANNE
D'ARC
MONUMENT
VOTÉ
PAR
LE
DÉPARTEMENT
DES
VOSGES
Le
25
juillet
1820,
jour
où
la
première
pierre
de
cette
fontaine
fut
posée,
en
présence
de
M.
Cherrier
Sous-préfet
de
Neufchâteau,
de
M.
Humblot,
maire
de
Domremy,
et
d'une
nombreuse
affluence,
on
pratiqua
dans
cette
pierre
qui
formait
le
socle
du
pié-
(1)
Histoire
de
Jeanne
d'Arc,
par
M.
Jollois,
p.
195.
(2)
Jeanne
d'Arc
et
ses
Souvenirs
à
Domremy
et
à
Vaucou-
leurs,
Nancy,
1878,
p.
80.
(3)
Hist.
de
Jeanne
d'Arc,
t.
10,
p.
2.