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Maison de Jeanne 48 (L)

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48 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

fait fermenter le vin, à l'époque des vendanges. Le plancher supérieur est entièrement dégradé. Il ne reste plus d'intact, que la poutre du milieu et deux demi-poutres engagées dans les murs latéraux, sur lesquelles portaient les madriers qui forment le plancher, on voit encore les entailles pratiquées dans ces poutres pour recevoir les bouts des madriers. Ces derniers sont aujourd'hui remplacés par de mauvaises solives, toutes vermoulues, qui ne sont ni équarries ni dégrossies.
« Sur la face latérale de droite, en entrant, on remarque deux petites armoires, ménagées dans l'épaisseur de la muraille. Elles sont surmontées d'une corniche de pierre, en partie détruite ; la face latérale de gauche, offre les restes d'une cheminée dont le manteau se voit dans l'habitation de Gérardin. Le mur de face est percé d'une seule ouverture qui donne du jour dans la pièce. Il y avait autrefois une fenêtre, dont l'encadrement était en pierre de taille, et qui était partagée en deux compartiments par un montant, aussi en pierre. Mais l'un de ces compartiments est aujourd'hui muré. On remarque aussi dans la pierre de taille, des trous qui annoncent l'ancienne existence de barreaux de fer.
« De la chambre de Jeanne d'Arc (1) on communique par une porte, à droite, dans une pièce servant aujourd'hui d'étable à vaches. C'est un véritable bouge qui ne reçoit de lumière que par une petite fenêtre ouverte sur le jardin. La porte du fond
(1) M. Jollois désigne ici sous le nom de chambre de Jeanne d'Arc la pièce où elle serait née et non celle où elle couchait dont il parle ensuite.

49 LA MAISON DE JEANNE D'ARC A DOMREMY

conduit à une pièce servant de cellier, mais qui paraît avoir été anciennement une chambre à four, on y voit, en effet, les débris d'un four et de sa cheminée.
« Toutes ces pièces sont humides et sales, à un point dont on ne peut se faire une juste idée, si on ne l'a vu soi-même. Elles sont plus basses de soixante à quatre-vingts centimètres que le sol du jardin dépendant de cette habitation ; les eaux y rentrent dans les grandes crues de la Meuse (1). »
Ce misérable état n'empêchait pas qu'on venait tout exprès à Domremy pour voir ce qui restait de la chaumière, et qu'on la saluait toujours, avec une vénération profonde, si délabrée qu'elle fût.
« Ceux qui la visitaient, continue M. Jollois, ne s'en retournaient pas les mains vides. Ils arrachaient des éclats de la poutre du plancher de la chambre de Jeanne d'Arc, et ils les emportaient comme des reliques précieuses, qui devaient leur rappeler un pèlerinage où s'attachaient des idées de valeur et d'héroïsme. Les princes de la maison d'Autriche, vinrent eux-mêmes à Domremy, accompagnés d'une suite nombreuse de généraux et d'officiers, et lors-qu' ils furent devant la statue de Jeanne d'Arc, on les vit s'incliner et saluer la vertueuse héroïne. Ils demandèrent alors, les uns, des parcelles de bois, les autres, des éclats de pierre enlevés dans la maison de Jeanne. L'éclat de pierre, dont on voit encore la place au-dessus du linteau de la porte de la chambre de l'héroïne, a été détaché par l'archiduc Ferdinand.

(1) Hist. abrég. de la vie de Jeanne d'Arc, p. 165.


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