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Quant
à
Jacques
d'Arc,
son
père,
c'était
un
bon
et
honnête
laboureur,
situation
qu'il
ne
faut
pas
confondre
avec
celle
qu'aurait
actuellement
un
journalier
ou
simple
manœuvre.
En
effet,
au
XVe
siècle,
la
position
de
laboureur
correspondait
à
celle
d'un
modeste
cultivateur
d'aujourd'hui,
et,
d'après
les
recherches
auxquelles
se
sont
livrés
MM.
A.
de
Bouteiller
et
G.
de
Braux
(1)
la
famille
d'Arc
possédait
à
Domremy
environ
vingt
hectares
dont
douze
en
terres,
quatre
en
prés
et
quatre
en
bois,
parmi
lesquels
figurait
le
fameux
Bois
Chesnu
dont
il
est
si
souvent
question
dans
le
récit
des
premières
années
de
Jeanne.
Elle
était
en
outre
propriétaire
de
la
maison
qui
existe
encore
et
de
ses
dépendances.
Le
tout
bien
cultivé
lui
assurait
donc
un
certain
revenu
et
elle
pouvait
ainsi
faire
l'aumône
à
ceux
qui
venaient
lui
implorer
sa
charité.
«
La
plupart
des
historiens,
dit
M.
Siméon
Luce,
dans
le
remarquable
ouvrage
qu'il
vient
de
publier
sur
Jeanne
d'Arc,
ont
commis
une
profonde
méprise
lorsqu'ils
se
sont
représenté
Domremy
comme
recoin
perdu
et
pour
ainsi
dire
isolé
du
reste
du
monde;
une
route
très
fréquentée
vers
la
fin
du
Moyen
Âge
traversait,
au
contraire,
ce
village.
Cette
route
était
l'ancienne
voie
romaine
de
Langres
à
Verdun
qui
passait
par
Neufchâteau,
Vaucouleurs,
Void,
Commercy
et
Saint-Mihiel.
»
..
Ce
village
formait
l'extrémité
méridionale
de
la
Chatellenie
de
Vaucouleurs,
sans
toutefois
en
relever
tout
entier.
Il
était,
en
effet,
tra-
versé
de
l'Ouest
à
l'Est
par
un
petit
ruisseau,
affluent
de
la
Meuse
qui
le
coupait
en
deux
parties
:
la
partie
(1)
La
famille
de
Jeanne
d'Arc,
Paris,
1878,
p.
185.
méridionale
comprenant
une
maison-forte
située
dans
une
île
de
la
Meuse
et
une
trentaine
de
chaumières,
formait
une
seigneurie
possédée
de
vieille
date
par
la
famille
de
Bourlemont
et
dépendait
de
la
Chatellenie
de
Gondrecourt,
c'est-à-dire
d'une
partie
de
la
Champagne
cédée
en
1308,
par
Philippe-le-Bel
à
Edouard
comte
de
Bar
et
mouvant
de
la
Couronne
de
France;
la
partie
septentrionale
où
se
trouvait
l'église
paroissiale,
relevait
seule
de
la
Chatellenie
de
Vaucouleurs.
«
C'est
dans
une
chaumière
située
entre
cette
église
et
le
ruisseau,
par
conséquent
à
l'extrême
limite
du
baillage
de
Chaumont
ou
du
Bassigny
champenois,
que
naquit
Jeanne
d'Arc.
»
Et
ailleurs,
s'expliquant
sur
les
ressources
du
pays,
le
savant
académicien
dit
:
«
Domremy
se
trouve
dans
une
situation
privilégiée,
et
grâce
à
cette
situation,
d'humbles
paysans
qui
n'avaient
que
peu
de
besoins,
trouvaient
dans
le
sol
même
qu'ils
cultivaient
presque
tout
ce
qui
était
nécessaire
à
leur
subsistance.
Les
hauteurs
couronnées
de
hêtres
et
de
chênes
séculaires
qui
enserraient
du
côté
du
couchant
la
vallée
où
le
village
est
assis,
fournissaient
en
abondance
le
bois
de
chauffage ;
le
gland
des
chênes
permettait
d'engraisser
des
troupeaux
de
porcs ;
le
beau
vignoble
de
Greux,
exposé
à
l'orient
et
grimpant
dès
le
XIVe
siècle
sur
les
pentes
de
ces
hauteurs,
produisait
ce
petit
vin,
acidulé
à
l'excès,
qui
n'en
flatte
pas
moins
agréablement
le
palais
un
peu
âpre
des
enfants
de
la
Meuse,
les
champs
couchés
au
bas
de
ces
pentes
et
contigus
aux
maisons,
étaient
réservés
à
la
culture
des
céréales,
du
froment,
du
seigle
et
de
l'avoine ;
enfin,
entre
les
champs
cultivés
et
le
cours
de
la
Meuse
s'étendaient
sur
une
largeur
de