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au
fond
de
la
vallée
qui
s'étend
de
Coussey
à
Vaucouleurs,
apparaît
Domremy,
avec
son
modeste
clocher.
Situé
sur
la
rive
gauche
de
la
Meuse,
qui
le
longe
entièrement,
ce
village,
si
plein
de
touchants
souvenirs,
prend
à
la
vue
l'aspect
le
plus
riant
et
le
plus
poétique.
Trois
cent
vingt
habitants
environ
y
résident,
tous
gens
travailleurs,
et
tellement
paisibles
qu'au
dire
d'un
des
leurs,
«
les
personnes
déjà
âgées
ne
se
souviennent
pas
qu'il
y
ait
eu
un
seul
procès
de
leur
temps
»
(1).
De
la
gare
de
Maxey,
pour
se
rendre
à
Domremy
deux
chemins
s'offrent
à
la
vue:
l'un
en
ligne
droite,
sorte
de
grande
route,
bordée
de
beaux
arbres,
conduit
d'abord
à
Greux
et
de
là
à
Domremy
en
tournant
à
gauche,
quand
on
atteint
la
principale
rue
de
Greux;
l'autre,
n'est
à
vrai
dire,
qu'un
sentier
tracé
dans
la
prairie ;
il
commence
à
l'extrémité
gauche
du
pont
sur
la
Meuse
qu'on
traverse
en
sortant
de
Maxey.
C'est
cette
dernière
voie
que
j'ai
choisie
et
je
la
recommande
à
tous
ceux
qui
seront
tentés
de
faire
ce
patriotique
pèlerinage,
surtout
par
un
beau
temps.
Rien
de
plus
charmant.
Le
sentier
aboutit
à
la
route
de
Greux
à
Domremy
et
bientôt,
en
suivant
cette
route,
on
atteint
l'église
du
village ;
puis
quelques
pas
plus
loin,
l'ancienne
maison
de
Jeanne
d'Arc.
C'est
dans
cette
demeure
que
vint
se
fixer,
au
commencement
du
XVe
siècle,
Jacques
d'Arc,
son
père,
né
vers
1375
à
Ceffonds,
petit
village
dépendant
de
l'ab-
(1)
Histoire
populaire
de
Jeanne
d'Arc
par
A.
F.
F.
Huin-
1856
p.
156.
baye
de
Montiérender
(Haute-Marne).
A
cette
époque
Domremy
était
pour
ainsi
dire
exclusivement
habité
par
des
laboureurs,
quelques
pêcheurs
et
des
gardiens
de
troupeaux.
Le
village
formait
alors
une
annexe
de
la
commune
de
Greux.
«
En
1429,
dit
M.
Vallet
de
Viriville
(Nouvelles
recherches
sur
la
famille
et
sur
le
nom
de
Jeanne
d'Arc,
p.
8),
il
avait
pour
seigneur
Pierre
de
Bourlemont,
gentilhomme
Champenois.
«
Domremy
était
mi-parti
quant
à
la
souveraineté
;
une
portion
de
territoire
et
des
habitants
à
laquelle
appartenait
la
famille
d'Arc
relevait
directement
du
roi
de
France,
et
ressortissait
à
la
prévôté
d'Andelot,
bailliage
de
Chaumont,
comté
de
Champagne.
L'autre
ne
relevait
qu'indirectement
de
la
couronne
et
dépendait
de
la
prévôté
ou
Chatellenie
de
Gondrecourt,
qui
ressortissait
au
duché
de
Bar.
»
C'est
à
raison
de
cette
circonstance
qu'une
polémique
assez
vive
s'est
élevée
dans
ces
derniers
temps,
sur
la
question
de
savoir
si
Jeanne
d'Arc
devait
être
considérée
comme
Lorraine
ou
comme
Champenoise;
le
pivot
de
cette
discussion
est
l'emplacement
qu'occupait
dans
le
pays
la
maison
même
où
elle
a
vu
le
jour.
Cette
question,
à
nos
yeux,
n'a
qu'une
importance
bien
secondaire
et
toute
de
clocher.
En
effet,
les
deux
provinces
qui
semblent
se
disputer
la
naissance
de
l'héroïne,
ne
forment
plus
actuellement
qu'une
seule
et
même
patrie,
mutilée
il
est
vrai,
par
la
désastreuse
guerre
de
1870.
Jeanne
d'Arc
(que
n'existait-
elle
encore!)
est
par-dessus
tout
Française
de
cœur
et
d'esprit
et,
à
ce
titre,
la
France
entière
a
le
droit
de
revendiquer
sa
gloire
et
sa
nationalité.